RSAventure (2)

GAPENCIMES 2012

Le récit et photos de Delphine et Stéphane Guichard


Petit trajet de 8h (coupé en 2) et nous arrivons à Gap, samedi après-midi, pour le retrait des dossards. Nous avons même le temps de faire une sieste avant de nous rendre à la Pasta party organisée par le régiment de chasseurs alpins de Gap. L’accueil est chaleureux et l’ambiance est détendue. De retour à l’hôtel je prépare l’intégralité de mes affaires pour le lendemain. Même si le départ n’est pas trop matinal (à 7h00 du matin), je compte jouer les jusqu’au-boutistes dans le lit (l’hôtel est à 5mindu lieu de départ).


Le matin, après un déjeuner frugal (décidément rien ne passe avant mes départs de course), je rejoins la zone de départ situé en centre-ville de Gap. Je croise Emmanuel Gault qui s’échauffe, j’en profite pour voir son matos : c’est le jour et la nuit comparé au mien. Tandis qu’il a une ridicule petite ceinture porte bidon (peut-être 700g maxi, et encore, avec la gourde remplie à ras bord), je me trimbale un Camel back avec une poche à eau de deux litres, la poudre à mettre dans cette même poche à eau,assez de tubes de gel énergétique pour nourrir le régiment qui nous a accueillis hier, mes bâtons, ma frontale, mon coupe-vent,… Comme en plus on n’est pas gaulé pareil, je comprends que j’ai un léger handicap :-D


Après un débrief, qui nous annonce qu’on devrait échapper àla pluie et que le soleil devrait apparaître cet après-midi, les coureurss’amassent devant le portique gonflable du départ. A 7h00 tapantes, l’organisationlance la course. Dans les rues de Gap, ça part vite, très vite… sans doute tropvite, je me force à ralentir le rythme après 2km en me disant qu’il reste environ43km derrière qu’il va falloir gérer.

Une fois sorti de la ville, la montée est continue mais avecun pourcentage raisonnable et je sais que les 10 premiers km vont être« gentils ». Les forêts sont typiques de la Provence et des altitudesbasses, on longe les crêtes de Charance qu’on devra franchir plus tard. J’arrivesur le premier ravitaillement avec 10min d’avance sur mon chrono de l’annéedernière. Je fais l’appoint de mon Camel afin de ne pas me retrouver à sec dansles durs dénivelés qui guettent. Je repars rapidement et rentre dans ma bullede concentration avant la première difficulté du parcours.


800m plus loin j’y suis, une montée vertigineuse vers les crêtes de Charance : 650m D+ en un peu plus de 2km.La montée se passe bien, je suis aidé par le paysage qui se dévoile au fur et à mesure de l’avancement. En haut des crêtes, le paysage est époustouflant et je cours sur un sentier comme sur le fil d’un rasoir. Seul petit bémol, les nuages restent collés au relief et une fine pluie se met à tomber par intermittence.


Les crêtes de Charance sont suivies de 3grandes bosses qui, mine de rien, chauffent bien les cuisses. Des locaux sont présents pour nous supporter, y compris un troupeau de vaches qui sillonnent la dernière bosse ! Une fois ces montagnes russes terminées, c’est droit dans l’pentu que je descends vers le 2ème ravitaillement. C’est une descente très éprouvante et vertigineuse, mais je me sens bien et je déroule plutôt bien à mon grand étonnement. De plus le ciel se dégage et le soleil commence à doucement chauffer, c’est un moment agréable.

Arrivé au ravitaillement (km19), je trouve de tout : saucisson (miam), sucre, des bénévoles sympathiques,….  mais pas d’eau !!!!! Rupture de stock ! Mon Camel est vide et il y a 12 km à faire avant le prochain ravitaillement : je ne me vois absolument pas faire ça sans eau. Bon ça ne fait rien, je demande à la gentille bénévole une bouteille de coca pour remplir ma poche à eau, ce sera mieux que rien. Argh, là aussi pénurie c’est la dernière bouteille, fait pas bon d’être en queue de peloton. Je vide deux verres dans ma poche à eau, histoire d’en laisser aux autres. Et je me blinde le bide avec le seul liquide qui reste : le jus d’orange, mais je sais d’avance que je le regretterai. Je repars du ravito un peu inquiet avec la perspective de courir 12km dans la montagne avec 2 verres de coca. Heureusement à 1,5km du ravito un bénévole remontait le peloton avec un jerrican d’eau. Littéralement je le bénis et je prends les minutes nécessaires pour faire le plein.

La suite du parcours est soit à flanc de montagne soit au plus profond du cirque. Les jambes sont encore bonnes je relance régulièrement et je double plusieurs coureurs. Même si on est à basse altitude, le tracé est vraiment top et varié. On commence par le sentier des bancs avec son fameux passage à flanc de falaise (très spectaculaire). On suit ensuite une rivière de montagne qu’on traverse plusieurs fois à guet. J’arrive au village abandonné de Chaudun (km 31), où se trouve le 3èmeravitaillement. J’ai 45 minutes d’avance par rapport à l’année dernière, je suis bien mentalement et relativement frais. Ce qui tombe bien car il reste environ 1000m de dénivelé à avaler d’une traite.

La montée attaque tout de suite après le ravito. Les cuisses commencent à fatiguer et je prends des gels énergétiques un peu plus fréquemment. L’apothéose de cette grimpette est l’ascension du pic de Gleize (2161m). La pente est très raide, des coureurs sont assis à différents endroits, soit pour se reposer, soit pour faire passer une crampe (soit pour faire les 2). J’arrive en haut du pic, rayonnant (moi, pas le pic), j’ai 1h15d’avance par rapport à l’année dernière au même point.

Le reste de la course n’est que de la descente. Les deux premiers kilomètres sont très techniques, avec des passages sécurisés par les chasseurs alpins qui nous interdisent de courir. Cela tombe bien car une grosse douleur se réveille au genou droit (même symptôme qu’à Courchevel, je me dis qu’il va falloir surveiller ça). En fait cette douleur se fera de plus en plus forte, m’empêchant même de courir sur les derniers km.J’enrage car le terrain est plutôt facile et je perds bêtement mon avance. En plus je me fais doubler par tous ceux que j’avais grattés depuis les crêtes de Charance, pour le moral ce n’est pas top. Du coup je ne m’éternise pas au dernier ravitaillement pour ne pas aggraver ma situation. J’atteins finalement l’arrivée après 9h15min (381/426 partants) de course avec 46km au GPS. Malgré la fin de course désastreuse, je reste content car c’est une très belle course(très peu de route, des terrains variés et des vues spectaculaires) et j’ai bien performé sur les 3/4 de la course (j’étais dans les 260ème au pic de Gleize).


Bravo Stéphane et merci encore à vous deux pour ce reportage!!

Que cela donne des idées à d'autres!!

RDV à la prochaine Aventure

Shrek



X-TRAIL DE COURCHEVEL 2012

Le récit et photos de Stéphane Guichard


A l’occasion de mes vacances dans le sud j’avais décidé de profiter du voyage pour tenter le Courchevel x-trail :tout le monde la décrit comme une course magnifique notamment avec le passage final sur les crêtes du Mont Charvet. Mine de rien le challenge pour moi est de taille car c’est (seulement) ma troisième course de montagne et le parcours est annoncé exigeant (54km et 4400m D+) avec des barrières réputées« serrées ».


J’arrive la veille au Praz, le lieu même du départ. Avant d’aller à l’hôtel je vais prendre mon dossard, les explications sont minimalistes : on me donne juste le dossard (et rien d’autre) que je dois passer à une borne pour le tester. C’est tout ! Bon, il suffira d’ouvrir un peu les yeux pour voir que le stand « Innov 8 », partenaire de la course, est à côté et distribue aux coureurs qui le souhaitent le traditionnel T-shirt de la course. Il ne reste plus que du M ou du S :tant pis ce sera T-shirt moulant pour la plage et je ne pourrais donc pas l’exhiber fièrement lors de mes entraînements/courses futures ;-) Pour les plus curieux le plus intéressant était le paper-board installé non loin de l’entrée qui donnait de précieuses infos sur le 54km :

·      Temps orageux avec fortes rafales de vent prévu sur le parcours… bon ça craint un peu mais météo France m’avait déjà renseigné.

·      Afin d’éviter les plus gros grains, le départ est avancé d’un quart d’heure et la deuxième barrière horaire également amputée d’un quart d’heure… bon ça craint franchement car le départ initial était déjà programmé à 4h du matin !


La nuit est paisible malgré le stress qui monte et réveil comme prévu à 2h15 du matin. Tout est fin prêt car je ne voulais pas avoir trop de préparatifs le matin même. Une infime portion de gâteau sport avalée ainsi qu’un petit café (c’est tout ce qui peut passer à 3hdu mat), un bisou à Delphine qui reste avec Morphée et direction le sas de départ qui est à 300m de l’hôtel. En chemin je croise deux savoyards qui feront également la course. Ils m’expliquent qu’ils ont déjà reconnu la majeure partie du parcours et qu’il ne faut surtout pas tenter de courir le premier km.Conseil bienveillant mais le départ étant au pied des tremplins olympiques je ne comptais, de toute manière, pas faire de sprint.


Petite photo souvenir avec Dawa Sherpa, court topo de l’organisation pendant lequel je vais faire ma première erreur. Novice dans ce type de course je me place à l’arrière du peloton espérant de toute façon juste le titre de finisher pour cette première. Le départ est donné sous une pleine lune avec la piste bordée de flambeau, l’atmosphère est magique.


organisée par des Pompiers un peu Fou!!!connais pas encore le nombre exact de disparu!!)footings, retour à l'entraînement.


depuis La Fontaine des Vaucluses. En vélo ? Pas de location possible aux alentours. Au Village de Sault, en pleine fête de la lavande, le Mont Ventoux semblait plus près, mais il y avait encore beaucoup trop de distance. Étudiant la carte routière et pédestre dans tous les sens, calculant les itinéraires, je me décidais à faire une petite reconnaissance vers la piste GR la plus directe. Le soir à 20h30 je lace mes chaussures et reviens en jogging vers le village depuis le camping ou nous avons décidé de poser les valises pour 1 jour ou 2. Le GR4 semblait bien le sentier qui permettait de raccourcir la distance d'une bonne dizaine de kilomètres, voire plus. Alors que je parcourais la route vers la rencontre de ce chemin de grande randonnée, je suis stoppé net par un molosse qui sort d'une propriété et qui ne laisse aucun doute sur la possibilité d'aller outre. J'hésite, mais les aboiements et la taille de la « bestiole » ont raison d'une témérité de quelques secondes. De retour au camping et en observant de nouveau la carte, je suis bien obligé de me rendre compte que la route du GR 4 m'est définitivement fermée. Rattrapé le GR plus loin ajoute encore de la distance. Il ne reste plus qu'une voie possible, la RD 164. Dommage qu'avec des paysages si beau, il faille devoir suivre une route goudronnée. Cependant, la carte insuffisamment précise ne me permets pas d'être certain de mon itinéraire. Vu la distance à parcourir, une idée s'impose progressivement. Prendre la route du Mont Ventoux, s'en approcher le plus possible, admirer le site et m'en retourner. Il s'agira d'une sortie longue somme toute agréable. Le lendemain matin par un dimanche provençal des plus ensoleillés, je finis ma petite préparation avant de partir à 8h00 pétante. Préparation car habituellement je coure en sortie longue sans eau ni ravitaillement. Mais là , exceptionnellement je m'autorise ½ litre d'eau sucrée en sirop de menthe réparti sur 4 petites gourdes attachés à une ceinture de jogging. Les 33° degrés annoncés ne me permettront pas de tenir sans apport hydrique et sans un peu de glucose. Néanmoins je préfère partir a jeun. Le temps de prendre un petit déjeuner me ferait perdre trop de temps et donc subir davantage la chaleur.parties du corps. Pour cela, j'applique au sol le plat du pied au maximum et travaille davantage sur les cuisses. Finalement quelques minutes plus tard je ne ressens plus rien. Les cuisses pourtant sollicitées sont aussi sans douleur. Après une quinzaine de kilomètres, mon rythme s'accélère pour se situer autour de 4'30 au mille. Pour mon niveau, je suis bien, mais conscient que je produis un effort et un rythme quelque peu soutenu. La pente, est à ces moments là , de 4 à 5%. Je décide de maintenir l'allure avec le plus de souplesse possible. Ayant doubler les 1ers cyclistes qui s'essayent au Mont Ventoux, je constate que la pente les fait progresser aussi très doucement. Je crois que le fait de les dépasser ne les aident pas moralement en dépit de petits mots d'encouragements.  doute, il s'agit du départ vers la montée du Mont Ventoux. Du moins pour une partie des cyclistes qui n'ont pas osés partir plus bas dans une des 3 vallées des villages de Bédoin, Malaucène ou comme pour moi de Sault. Le Mont Ventoux est maintenant fléché à 6 km. Ce serait regrettable de ne pas aller jusqu'au bout si près du but. Décision est prise de continuer encore. On aura tout le temps de penser au retour. aire et la pente est encore plus dure. Il faut pourtant tenir et l'envie de marcher commence à venir. Cà y est presque ! Un dernier virage en épingle à droite et le col est franchit. Ouf ! la ligne d'arrivée du Tour de France comme gravée dans la route est enfin sous mes pieds. paysages, de passer un col, d'avoir partager des instants de sport et d'effort avec d'illustres inconnus qui comme moi se sont lancés leurs petits défis en ce beau dimanche de 16 aout 2009. e monter sur la ligne de front.eignements » insiste-t-il.à comprendre et me retrouve blotti (encore !) près de la ligne fatidique ! On est bientôt près de 1400 à attendre.antre le boss de l'Ardéchois donne la mise à feu. Nous voici enfin libéré. Avec Pascalou on est dans les tous premiers et on se souhaite bonne course. Les ‘'pôvres'' ne savent pas ce qui les attend.Ah les supporters : aveugles et farceurs !us font apprécier les 1000m d'altitude. le sud bleu provençal et le nord vert volcan d'Auvergne.€¦la première Citadelle. Tout en haut d'un piton rocheux. Rochebonne la bien nommée. Elle est de toutes les photos de pubs de l'Ardéchois.au dans le ravin !
Mais en Ardèche le ravito c'est pas la dèche !
e sens lourd comme après un repas de famille. On quitte ce rude mais goûteux St Jean Roure, et toute la famille de trailers chemine à nouveau au milieu des prés, fermes et châtaigneraies. thym sauvage. Sentiers bucoliques. Et noms des hameaux significatifs : ‘'Vacheresse ‘', ‘'Chantepoule'' ou ‘'La Castagne''. Ah ! En Ardèche le marron c'est sacré ! Appellation d'Origine Contrôlée et des panneaux rouges dans les bois perdus : « Interdit de ramasser des châtaignes » !d'un pré que nul chemin ne parcourait, le balisage indique qu'il faut traverser à gué un torrent de 5 à 6 mètres de large ! Petite rivière tumultueuse de montagne… Certains veulent finasser sur des rochers à peine immergés… Coup d'Å“il à gauche, coup d'Å“il à droite : pas d'échappatoire possible, FAUT SE JETER A L'EAU ! Mes chaussures plongent les premières, mes mollets suivent, mes genoux esquivent. Mes pieds sentent à chaque pas l'eau glacée du torrent s'infiltrer entre chaque orteil. Cela réveille le bonhomme et aussi ses bobos, vieux ou récents ! Vivifiant là où çà passe…e : énergie, eau. Vite une pâte de fruit ! était en tête ici au 46ème kilo. A la faveur d'une petite erreur de parcours  il laissera passer Julien Chorrier pour revenir sur ce dernier dans la plongée sur Désaignes , mais mourir à 40 secondes de la victoire.' s'appelle Rochebloine, et son versant sud doit nous ramener en terre promise.a remontée dans désaignes me permet de ‘'déposer'' à mon tour l'une des 2 traileuses, en totale panne sèche à son tour.rs entre quartiers d'oranges, tranches de saucissons et gorgées de Coca. définitivement arrêtée pour cause de coulée de boue et de débalisage sauvage". Alors déçu mais résigné je rentre chez moi, par mes propres moyens, annoncer la nouvelle et je tourne la page.
                                                   
u Mont Blanc était un peu juste, mais je tenais à continuer mon petit défi de la semaine en participant pour la première fois, comme prévu, aux 100kms de Millau. Une épreuve dont j'ai si souvent entendu parler depuis que je cours... Le temps donc de repasser par la case Boutigny et nous voilà , Christophe Vatinel, mon accompagnateur vélo-coach du jour, sur les routes millavoises.terminée, maintenant il faut passer entre les arbres couverts de neige et affronter les nombreuses bosses complètement blanchies. Je suis à peine réchauffé et bing, un tas de neige tombant d'une branche vient se déposer délicatement dans mon cou. Ahhhhh j'en ai marre. Allez une petite pastille de sucre pour se remonter le moral. Merci Bioman pour m'avoir donné l'astuce des pastilles dans un tube, c'est bien pratique en effet. Kilomètre 10 : ça y est je n'ai plus froid. J'aperçois le ravitaillement et les deux premiers coureurs que je suis à distance depuis quelques kilomètres. Un verre d'eau glacé, c'est tout ce qu'il y a ? Je ne m'attarde pas. Les deux premiers avancent comme des cabris. Je me dit qu'il faut assurer le podium mais franchement l'arrivée est encore loin.


Les paysages sont superbes mais tout est froid, il ne manque plus que d'écouter le « Voyage d'hiver » de Schubert et on s'y croirait. Arrêtons la déprime poétique et essayons de positiver. Deux gels énergétiques plus tard, je reviens sur le deuxième coureur, il semble à la peine dans les nombreuses montées du parcours. Un petit calcul dans ma tête : il faudra au moins 3 heures pour boucler les 33 km et on en est même pas à 1h45. Il faut gérer car le premier est déjà loin et derrière je ne vois plus personne. Mon nouveau compagnon de route finit par piocher terriblement et marche de plus en plus dans les raidillons. Il me lance un « passe devant » révélateur. Je crois qu'il est cuit. Je passe. Mince! une longue descente arrive, il va revenir car je suis beaucoup moins à l'aise que lui dans le dérapage contrôlé. Non, il est vraiment à bout car il n'arrive même plus à descendre. Comme si nous étions en manque de sensations, quelques difficultés techniques supplémentaires viennent  sympathiquement égayer notre parcours : une petite corde pour un saut en rappel, des ruisseaux proches de zero degré qu'il faut sauter sous peine d'avoir les pieds trempés. Heureusement, pas besoin de se prendre pour Bob Beamon, c'est encore abordable, et hop on évite la baignade!


Second et dernier ravitaillement. Un ptit verre d'eau ? Merci ça ira ! J'entends un « Allez, le plus dur est fait ! » de la part d'un bénévole. J'aimerais bien car je crois en fait que le plus dur reste à venir et les 10 derniers kilomètres vont être une véritable inconnue. Je n'ai jamais couru plus de 2h40 et jamais dans ces conditions. Et c'est là que le miracle arrive petit à petit : la sensation de fatigue s'estompe au profit d'un état second. On éprouverait même du plaisir. Tous des masochistes ces coureurs! Je n'ai plus froid, je suis fatigué mais le rythme reste le même, j'ai même envie d'accélérer dans les descentes. Il y a toujours autant de neige mais le paysage est de plus en plus beau. Je dérape sans cesse mais je m'en fiche puisque ça avance toujours. Aie, encore une montée mais ce coup ci je ne vois que de l'eau sous une fine couche de glace. Pas grave, je vais essayer de passer sur les côtés. Que nenni! Il n'y a pas de place. Plutôt que d'essayer d'imiter le champion olympique de Mexico, il faut se résoudre à l'impensable : mettre les pieds là où il y a de la place. Crac! la fine couche de glace cède sous le poids léger de Peter Pan (qui fait pourtant des jaloux au sein de la communauté rambolitaine). S'en suit une délicieuse sensation à mi chemin entre faire ses courses chez Picard ou séjourner dans les entrepôts de viande à Rungis.


Allez, plus que 6 à 7 km. Je mets un dernier gel dans mon gant prêt à l'emploi si jamais je pète une durite dans les dernières montées. Au croisement d'une des rares routes, un aiguilleur m'indique que le premier est à 30 secondes. Quoi ? Seulement 30 secondes ? Ca ne me paraît pas possible car je ne l'ai plus vu depuis 10 km. Effectivement, un lacet de chemin plus loin, je l'aperçois. Il se retourne. Ni une ni deux, j'avale goulument le gel de la dernière chance et comme c'est vraiment pas très savoureux à ce moment de la course je me baisse pour prendre une poignée de neige que je mets dans ma bouche pour faire passer le tout. Vraiment n'importe quoi! En moins d'une minute j'arrive à sa hauteur. Je ne comprends pas bien, c'est vraiment le premier ou un coureur du 13 km avec qui nous devions terminer le parcours ? Non c'est lui. Bon ben « ya plus qu'à ».


La fin est à la fois un grand moment et un calvaire. Avant la course, sur le plan du parcours, j'avais bien vu qu'il y avait une longue descente mais je ne pensais pas avoir besoin d'une licence sportive en slalom spécial. Quatre chutes mémorables dont une la tête la première dans un mélange neige-soupe délicieux. Les piquets de slalom, heu je veux dire les arbres, étaient de plus en plus serrés et le sol de plus en plus accidenté. Un cauchemar. Je ne suis pas Ingemar Stenmark à Cortina d'Ampezzo! Marre de la neige et de la soupe! J'ai même perdu le reste de mon ravitaillement dans les chutes, de toute façon ça ne sert plus à rien. Un coureur du 13 km me suit et me met la pression à chaque fois que je tombe. Finalement, il est bien sympa car il m'encourage. On dirait qu'il a pitié. Ca se termine. Plus que la longue montée vers le gymnase où a lieu l'arrivée : dix mètres en indoor, le rêve, on ne glisse pas enfin! La ligne est franchie. Ouf! A la table de ravitaillement une gentille bénévole me tend un gobelet avec un large sourire « Une petite soupe ? ».Peter Pan1ère PARTIENEW YORK  Marathon 2009 ; 40 ème Edition BY PAT L'AFRICAIN



Résumé des épisodes précédents :


Les Hollandais achètent l'île de ManHattan pour 24 $ d'aujourd'hui à une tribu indienne.Ce n'est pas une bonne affaire, car ce n'est pas la bonne tribu !S'en suivent chamailleries entre ‘'freakés ‘' et ‘'plumés'' sur les cours des peaux de castors de chaque côtés de la palissade.Les Anglais mettent tout le monde d'accord sur le nom de la palissade = WALL STREET.


Quelques temps plus tard les « Street » ont des numéros à la place des noms et de beaux rubans de macadam se déroulent entre des maisonnettes assez hautes…L'une des « Street » traverse toute l'île et s'appelle ‘'chemin de traverse'' (BROADWAY en langage autochtone).Les autochtones aiment bien s'amuser sur ces rubans de macadam. Certains y courent pour
1 rien.
D'autres groupes ethniques arrivent tels les RSA, dont le clan des ‘'G'' en l'An 2008 (Véro & Pascal).


Welcome pour l'épisode de l'An 2009 :


Les Pélerins veulent y être toujours plus nombreux et dépasser les 40 000 finishers : ils vont y « Arrivée ».The Show must go on.Le spectacle commence donc …la veille avec la course de la Paix. Immense patchwork de toutes les Nations ‘' qui-par-courent  ‘' les Avenues, bannières au vent. Pour d'obscures raisons Pat l'Af  (de la tribu des RSA) y participe … en car de touristes !


Le lendemain pour la 2ème course le départ est retardé d'une heure : c'est marrant de changer d'heure, on dort plus tard. Sauf pour les RSA venus de l'autre côté du «Grand Fleuve », et qui se réveille toujours à 5 h…


Au matin il fait frisquet : la Gouroute Cendrilon avait briefé Pat l'Af.Mais heureusement les Autochtones ont  tout prévu. Près de 50 000 Marathoniens, des embouteillages, et un car surchauffé : je me retrouve en débardeur, affalé sur ma banquette à 70 minutes du départ.Et comme là -bas l'air est marin,  je fais parti de la première vague...Mais l'extase m'attend au pied d'un petit  pont : le Verrazano, presque 2 Kms de macadam.


Il y règne avant la bataille (et après celle du sas) une ambiance studieuse sur chacune des voies et sur chacun des niveaux du pont. J'aperçois même sur la voie d'à côté Phil Rémond (de la tribu des Vieux Champions).Le pont est trop petiot pour être un pont-levis(…) mais on prend plein la gaufre après le coup de canon.Le mythe est là .La magie opère.On court entre ciel et mer.Autour de moi,  sur le Verrazano Bridge, que des immigrants, pas d'autochtones, et beaucoup d'émotions.On est là , ici et maintenant, après 18 mois d'attente. Et enfin c'est parti…


Mais pas trop vite ! On déguste… Pas trop de monde.Et on déguste car y'a du vent et çà monte !Heureusement  je n'ai pas d'appareil photo car il y a tant (temps ?) d'images qui défilent autour des marathoniens fêtés comme des héros par les New-yorkais. Une idée germe en moi : et si je le faisais le plus vite possible ?


A SUIVRE.2ème PARTIE (suite et fin)
Après Marathon in the sky, nous atterrissons sur le macadam ferme à Brooklyn où plus de la moitié du parcours s'y court. Des avenues à 8 voies. 8 kilos de ligne droite.Les alizés en pleine poire. Ici çà souffle dans le sens des rues ou des avenues. No chance today, c'est dans le sens des avenues : rafraîchissant !Et pendant les 3/4 du parcours : le bonheur !J'espère que la bise ne va pas tourner pour le dernier  quart : Espoir…


Brooklyn avec ses quartiers aux communautés venues du monde entier, moins bling bling que son illustre voisin Manhattan. Brooklyn c'est l'Italie, puis c'est l'Afrique, puis l'Inde, puis le Moyen-Orient… Partout on y est encouragé même dans les quartiers très chic so british ou cossus made in USA où les rues sont moins larges et moins longues.Bref, Brooklyn c'est l'Amérique !Puis c'est le quartier noir, les orchestres sont sympas. Puis on traverse le quartier des Juifs Orthodoxes. Plus de musique, plus de bruit, et les hommes adultes ont un beau chapeau et 2 belles nattes jusqu'à chaque épaule. C'est à peine si ce petit monde regarde suer les dingues qui avancent en running.La tribu à laquelle j'appartiens ne me permet pas de distinguer la subtilité des quartiers Coréens ou Pakistanais. Mais partout toujours la même ferveur et des drapeaux de tout plein de tribus !Dans un secteur très mexicain j'entends même mon premier « Allez Rambouillet ! » Sorry je n'ai pas encore le new « maillot vert  ».


Bref les miles passent comme ça, en touriste. Je veille surtout, en mauvais client, à picoler sans bavarder, et à ralentir quand les spectateurs crient trop fort !Mon petit moteur n'est pas un Ford Mustang, et il se dit que la suite « c'est pas le Pérou »…


En effet les ponts reviennent, sa casse l'ambiance : plus rien que le bruit de nos pompes qui martèlent le macadam.Ca casse tout court aussi, le rythme et les jambes.


15e mile : 1h55'50''. Toujours en avance sur mes temps de passage, mais de 40'' désormais.16e mile : 2h04'12''. Toujours en avance de 15'' seulement.« M… » encore 16 kilos et ça maigrit déjà … Je me console : il ne reste même pas la distance de la Route des 4 Châteaux.Et surtout je viens de passer l'une des difficultés du parcours : le Queensboro Bridge qui monte pendant une borne. A l'horizon, aussi loin que portent mes yeux, je ne vois que des coureurs dans « l'ascension ». Alors j'ai regardé mes chaussures, et j'ai attendu que ça se passe.Autour de moi ça souffre aussi, certains veulent en finir et accélèrent, erreur fatale : le pire est à venir…


Quand le pont redescend (!) attention les yeux et les oreilles. C'est du délire. Un grand virage en boucle pour déboucher sur une avenue méga-large où un mince filet de coureurs me précèdent en file indienne(…) jusqu'à l'horizon : c'est la 1ère Av. de Manhattan.La foule, les cris, les drapeaux : émotions garanties. A vivre pleinement.It's good to be a hero.Avec cette ambiance chaude, je me prends à haranguer la foule sur ce boulevard.Succès garanti : la foule crie pour moi.Il faut dire que le RSA à ses peintures de guerre tricolore sur les joues et le long des épaules. 2e « Allez Rambouillet ». Frissons.17e mile : 2h12'19'', je savais que je ne battrais aucun kenyan…18e mile ou 26e mile c'est pareil, ou « de plus en plus pire ».Je ne me rappelle plus très bien.Le Bronx ? Furtif.Harlem ? Pas vu !Mais les jambes qui durcissent  j'ai senti.Les secondes qui se perdent  j'ai vu ! Et encore des ponts, et une grosse côte, un très long faux plat, redoutable, le point crucial du marathon : la 5e Avenue avant l'entrée dans Central Park.


C'est là que Paula a lâché ;C'est après que Christelle Daunay a craqué ;C'est  ici que Keflezighi a construit sa victoire ;C'est là que je vais…souffrir.


Je m'accroche à tout ce qui court mieux que moi. Un italien me passe avec un bon tempo. Mais le drôle craque subitement un peu plus loin, sa tête a lâché, il marche et m'abandonne.Les bons métronomes sont rares à rencontrer, c'est pourtant maintenant qu'ils sont précieux.Certains « vieux » ou certaines féminines peuvent ‘' faire l'affaire''.J'avoue que j'ai une préférence pour le ‘'back'' des secondes…


Ah ! Les secondes, je les lâche les unes après les autres mais avec parcimonie car je tiens à mon chrono ! Go Home Pat ! Je voie  l'Empire State Building au loin. Je positive.Je souffre.Il reste 2 miles = 2 x 1609 m. A l'entraînement c'est « cookies ». Ici c'est l'enfer.L'enfer  vert : je rentre dans Central Park.


Le ruban de macadam se met à serpenter. Il monte. Il descend. A sa lisière une foule compacte et plus ou hystérique l'accompagne.J'entends « vas' y Rambouillet » pour la troisième fois. Mes yeux se mouillent, moitié souffrances mi émotions.J'accélère encore dans les descentes : Pascal G. m'avait dit de me dépêcher sinon t'as plus d'eau chaude à l'hôtel !L'homme-vert s'y connait en course nature. Central Park a ses superbes teintes d'automne, mais mes yeux sont rivés sur les coureurs que je rejoins un à un, ou les coureuses que j'accroche avant…de les semer. Quelques rares fusées passent aussi à côté de moi.


40e kilo. Reste 1x2000 à ma séance du jour, mais la piste est bizarre ici, un vrai toboggan. Et çà crie autour. Je fais l'impasse pour la 1ère fois sur le ravito : plus le temps de m'accouder au comptoir.


25e mile, encore 1. Je déguste comme jamais, çà remonte. Merci Marvejols-Mende, j'accélère en haut de la bosse. Ils ne le disent pas dans la presse : çà /\\ /\\/\\ /\\/\\...à la fin !J'avais reconnu l'arrivée : c'est en haut, pas en bas…de la dernière /\\Roumanoff ( ânne-comic's tribu ) a raison : on  NOUS  dit  PATOU.


26e mile, SUPER, reste 0,2 mile donc, donc… Shit j'ai oublié ma calculette.La foule  acclame ‘'grave'' ma nouvelle tribu : les ‘'dossards vers l'arrivée''.Je descends c'est pas là . Je monte…mais je redescends : c'est pas encore là . Les panneaux en yard ne me font plus rire. Cà remonte, je reconnais le virage : OUI ! C'est là -haut la petite arrivée du marathon des Autochtones, pas plus large que la rue piétonne de Rambouillet !Un mec veut me dépasser. Deux fois. Je le cloue au sol par deux fois et je vole le premier vers le Paradis où ma souffrance s'arrête juste après le poteau de la ligne d'arrivée.J'ai été au bout avec mes jambes et mes tripes. Vidé.


Ce stop salvateur me coûtera 50'', l'écart entre mon chrono et leur nouvelle puce, sans doute réglée sur le second tapis ?Mais je tiens mon Everest justement de 50'' ( 3h26'14'' perso Paris 2006).50''après 3Heures et demie : le chat est maigre… Mais cette poignée de secondes change tout. Les multiples félicitations me touchent encore davantage.


Emmitouflé dans ma couverture de survie estampillée ING Marathon NY, les félicitations et les regards admirateurs pleuvent sur moi, et sur les quelques autres emmitouflés qui fendent la foule de Manhattan. It's good to be a hero.


Je retrouve ma moitié qui m'a tant (temps ?) aidé dans la cohue new yorkaise : We did it !...


Pat l'Af, 1 RSA


11.07.10 (attention les autochtones inversent) NEXT STORY. You can do it !Feuilleton de l'été : Notre week-end à TROUVILLEFeuilleton : 2ème épisodefeuilleton : 3ème épisode
feuilleton : 4ème épisodefeuilleton : fin de l'histoireVoilà le 4 ème épisode et les photos de ceux qui font "courir" RSA tout au long de l'année : LE STAFF!LE MEILLEUR POUR LA FIN, à la barre :MONSIEUR LE PRESIDENT LUDOVIC DILMI!
Voici donc quelques photos ( clichés de super Nanas sportives!!!) en attendant ; mais croyez nous, nous avons été à Trouville pour courir, oui oui!!!Bon, j'ai mis les garçon en petites photos parce qu'ils le " valent bien"!!! (excuse moi Elvire!)Pour ceux qui n'ont pas leur joli minois, ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde :-)@ bientôtEvelyne***********************Casablanca le semi-marathon improvisé!La voilà enfin! Parties pour une course de 8 kms, le pendant de laParisenne au Maroc, nous voilà propulsées sur un semi marathon international en plein soleil marocain, chaud devant!!!!Il est
7 heures 30 ce dimanche matin,une belle chaude journée s'annonce. Je demande à l'accueil de l'hôtel,"c'est ok pour sortir en short ?" "oui, si pas problème, si lalibertie!" me répond Ahmed ...ouais sauf que en short à 7 h30 le matin, en pleine ville "musulmane" , j'ai un peu chaud au....d'autant que la veille, en bonne européenne , j'ai osé demander une bière! Eh bien,  dans tous les bars et restaus de Casa, sauf chaînes d'hôtel internationales,"walou" tu peux toujours courir pour trouver un p‘tit remontant!
Bon, premier feu rouge dans le taxi, mon chauffeur parle en arabe avec son voisin taxi je traduis…."T'as vu la gazelle en short qu'est à côté de moi ?Ouais Mouloud t'as de la chance parce que la mienne, elle est derrière et entre sa djellaba et sa bourka,  ça pourrait bien être un "Gazou"que je ne le saurais pas!Sauf que Mouloud, en plus il savait pas où était la course et nous voilà paummés à 1 heure du départJ'avise un policier qui connaît l'endroit et nous l'indique.Ouf, je suis arrivée mais la torture continue, pas
moins de 200 personnes sont déjà arrivées et tous des hommes!
La tête haute, je franchis la haie de curieux et m'adresse à la seule femme que je trouve pour aller aux wawa! :-)Non seulement elle est gentille et accueillante, mais en plus elle me dit" tu es très belle", ??? bon ok, c'est pas moi qui le dis, c'est elle. Aouou!!!ça vous fait  quand même un plaisir immense qui vous donne  des ailes pour la suite.Quelques minutes plus tard, je rencontre des français et des françaises et puis les femmes arrivent; ouf !Véro et sa soeur Sandrine arrivent à leur tour, super.Le départ est donné et moteur,..... la pensée prend tout l'espace……« Il faut voyager pour se comprendre, comprendre les autres, la vie. Chaque expérience est un morceau de notre puzzle perso. Parfois on trouve des réponses alors qu'on n'en cherchait pas, parfois on constate que l'on est inculte, parfois un peu moins. Les études, la vie font de nous cet être unique, unique devant la vie, le sport aussi. Acquis, inné, nous avons tous un bagage différent et c'est la passion pour ne pas dire l'amour du sport qui nous réunit et nous anime. Mais ce sport est un prétexte pour rencontrer l'autre, une façon  d'exprimer sans les mots avec des maux, les maux du corps et ceux de l'âme aussi. La reconnaissance, la quête perpétuelle de se prouver et de prouver implicitement qu'on est capable ; le mental est un moteur incroyable,vital. Sur cette course, je suis partie angoissée de ne pouvoir finir ,Véro, elle a continué avex la jambe raide pendant plus de 5 kms.  En France, j'étais blessée depuis 2 mois, le moral en berne. Et puis, il y a eu cette euphorie d'être ailleurs, de ne pas être connue, pas de pression,« je fais ce que je peux, je veux finir avant tout ». Mission accomplie ! et photos pour le plaisir de tous j'espère.                  Et le meilleur pour la fin, fabuleuse sculpture dans l'aéroport de CASA, choc des cultures, la femme Marocaine la femme européenne. Je la dédie à toutes les filles du club en souvenir d'un fabuleux voyage.Difficle de donner des légendes sous les photos car le temps de connexion est compté.Alors, le souk, avec les 3 filles, Véro fait du shopping, le marché aux olives et aux jeteurs de sorts, les caméléons, le Houlous, le plus sympa des souk de casa, la plage, nommée la Corniche, quelques vues de la grande mosquée  Assan II (une des 3 plus gde du monde arabe) , la salle des ablutions, le sculpteur SAHBI avec le porteur de thé et la femme contrastée.Merci de vos lectures, j'espère qu'elles vous enrichissent d'expériences et de partage; pardonnez moi les fautes; l'écriture est spontanée et parfois en décalage avec la réflexion.Evelyne.Il me manque encore qqs photos, un peu de patience.... 16 km de nuit et le 32 km du lendemain matin!! Une folie, quand on voit la difficulté du parcours!! Bravo à toi Barthez, je peux témoigner que tu n'as pas chaumé...art de la nocturne, était grandiose, avec de la musique classique à fond, des flambeaux rouges de partout!! C'était un départ digne des plus grandes courses nocturne! Et sur la droite de l'image, celui qui trifouille son chrono... et bien c'est Barthez toujours aux avants postes celui-là ... c'est bien sauf que rapidement je rattrape les derniers du 32 (seul petit inconvénient  de la course) car pour doubler dans des dévers, des descentes glissantes et des escaliers serrés c'est assez tendu! Tant pis un coup de coude et je passe...ntent de la plage font à peine 50 centimètres de large... e et la mer qui est parti très très loin sur ma droite, je décide de couper tout droit sur ce sable encore mouillé, je ne vois pas beaucoup de traces... c'est bon signe pour moi ou très mauvais si je me suis paumé à marée basse! J'atteins enfin la pointe et là je crois rêver!r le chemin des douaniers, c'est sauvage et superbe! J'hésite entre regarder le paysage ou mes pompes... verticale, des tourniquets en bois et toujours ce Yoyo des douaniers qui ne vous quitte jamais! Mais qu'est ce que c'est beau!!! prochaine sur le 32 km bien sur...36mn (68ème sénior)f que compte le Restonica Trail. La température est encore agréable, mais le soleil n'est pas encore levé. Concentration, préparation et

Comme prévu l’effort violent dès le départ à4h du mat pique un peu les yeux. Mais cela permet également de vite se mettre à température. Après le large sentier longeant les tremplins le parcours emprunte un single, qui le restera d’ailleurs jusqu’au premier ravitaillement. Au bout d’une heure et demi de course, l’aube n’est plus très loin, le temps est dégagé et je me sens très bien voire trop bien. Je dois être en sous-régime mais impossible de doubler dans ces sentiers pentus, sinueux et caillouteux.D’autres commencent à râler de ce rythme trop lent et la barrière horaire se rapproche dangereusement. A 600m d’un sentier plus large et à moins de 1 km du premier ravitaillement la vue se dégage devant, une coureuse est à la peine créant cet énorme bouchon…. Bon, nous sommes un week-end de départ en vacances,bison futé avait prévu un événement de ce genre ;-) C’est effectivement l’inconvénient de partir en queue de peloton, je m’étais moi-même exposé à ce risque. Bref j’arrive au ravitaillement « froid » et à seulement15min de la première barrière horaire. Je ne comptais pas être aussi juste. Rapido, un verre de coca et un demi litre d’eau de plus dans le camel back,j’enfile mon coupe-vent et c’est reparti.


Je repars sur ce 2ème tronçon avec le champ libre et le rocher de la Loze à gravir, premier sommet du parcours. La montée ne me paraît pas si pénible que cela. L’expérience et l’entrainement du club me rendent les jambes légères, je double quelques coureurs, ça fait du bien au moral. Le « rocher » est franchi les doigts dans le nez. La descente est conséquente mais sans trop de cailloux,  j’en profite pour accélérer et rattraper du monde. Je sais que la prochaine montée sera longue et à fort pourcentage pour mener au deuxième ravitaillement (barrière horaire amputée de 15min et je suis déjà juste), je pense à bien m’alimenter (ça ne vaut pas une rondelle de saucisson,mais le gel sucré recharge les accus, ça se sent). La montée, si ce n’est le pourcentage,ne présente pas non plus de difficultés. A la fin nous empruntons même le tracé d’une piste de ski avec le soleil en prime. Je gâche 2 min à prendre une vidéo,car je sens qu’ensuite je serai trop occupé à rattraper les barrières horaires pour faire le touriste.


Là aussi je double du monde (je ne le sais pas encore mais la plupart de ces coureurs ne termineront pas la course). J’arrive au ravito avec 20 min sur la barrière horaire (si on rajoute les 15min retirés par l’organisation cela fait 35 min sur le temps limite : je suis content d’avoir refait en partie mon retard). Je sais que le troisième tronçon est le plus dur et qu’il est difficile de le terminer quand on est trop proche des barrières horaires (merci les CR lus sur Internet). Néanmoins je mange bien (ily a même du saucisson pour le moral des troupes J), et je remplis mon camel back au maximum tout en parlant avec un gars que j’avais croisé au parcours des 25 bosses. Il est déjà dans le rouge et décide de ne pas repartir sur le même rythme que moi.


Après la descente d’une piste noire sans neige, on entame l’ascension du col du Fruit et on entre dans le parc naturel (classé) : le paysage devient réellement sauvage, montagnard et vertigineux, on en oublie les km et la fatigue. La progression est moins rapide que prévue car les pierriers se font plus présents. Par ailleurs je commence à entrer petit à petit dans la couche nuageuse qui est restée collée aux sommets et la visibilité baisse de mètre en mètre. Sur une crête effilée,avec le brouillard, la vision est surréaliste, j’ai l’impression d’être sur un pont de pierre enjambant le néant. Une fois le col franchi, la descente est interminable et l’atmosphère de plus en plus lourde. On n’y voit pas à 10m et les vêtements collent à la peau. Non loin du cirque, point bas de la descente,il commence à pleuvioter : je sors la casquette du sac et me prépare à me mettre en mode « pluie ». Après 1km le long du cours d’eau qui parcourt le cirque, la pluie tombe franchement et je commence à entendre le grondement du tonnerre… aïe-aïe ! L’orage fond sur moi et les 4 autres coureurs qui m’entourent. Les éclairs claquent et semblent de plus en plus proches. Je sors du sentier et me colle au plus près des parois rocheuses,gardant les bâtons super bas. J’ai vraiment les boules. Pour certains éclairs que je vois je n’ai pas le temps de compter 2 secondes avant la« déflagration » : ils tombent donc à moins de 500m. La flippe totale ! Après 25 min de terreur, l’orage semble s’éloigner, le vent se lève, la pluie cesse et les nuages laissent passer des éclaircies timides. Le sol détrempé est le seul indice de

notre calvaire. Mouillé jusqu’au slip, après le pic d’adrénaline et au début de la montée vers le col du Rateau, j’accuse un coup de mou et un coureur s’échappe du petit groupe qui s’est constitué.Heureusement la réalité de la course me rattrape et après un bref coup d’œil sur la montre et quelques calculs mentaux je réalise que le mauvais temps et l’orage ont quasi annulé l’avance que j’avais, je risque plus que sûrement d’arriver après la barrière horaire du troisième ravitaillement (décidément l’organisation a taillé cette course au plus juste). Je retrouve petit à petit des forces et prend du sucre en pointillé afin de me redonner le moral. Je distance à mon tour le groupe et m’élance seul dans les énormes pierriers et névés qui constituent ce col, je vois des coureurs en tout petit en haut du col. Les blocs rocheux sont énormes et certaines parties ressemblent à de l’escalade, plus les parties neigeuses où j’affronte tantôt de la neige, tantôt de la glace. Cette partie, à défaut de me réchauffer, m’amuse et, transi de froid, j’avance à une allure étonnamment rapide. En haut, malgré le vent qui s’engouffre dans ce col en forme de « V », j’aperçois les autres coureurs à 500m devant moi en train d’essayer de garder l’équilibre sur le dernier névé : j’ai vraiment « tracé ». Le temps qu’ils traversent le névé en titubant comme des zombies, je l’atteins moi-même. J’abandonne le mode« bipède » et je fais de la luge sur les fesses : je les ai rattrapés en moins de 40 secondes :-). Ensuite ce n’est qu’une longue descente vers le ravito, dans les pierres et la boue, mais sous le soleil. Je glisse et tombe lourdement à un moment, mais sans casse et je garde un rythme soutenu.J’arrive au ravito pile-poil à la barrière horaire. Je ne suis pas euphorique mais presque : à moi la récompense de la course à le plus haut sommet du parcours (qui frôle les 3000m) et les crêtes du Mont Charvet. Mais là, coup de bambou ! Les bénévoles relayent les décisions de l’organisation : les derniers cols sont fermés car jugés trop glissants et dangereux ! On doit emprunter un itinéraire bis qui nous ramène au dernier ravitaillement prévu puis à
l’arrivée via 13km d’un large GR tout en descente. Je repars très-très déçu du ravito.


Lors de la descente je regarde à ma droite amèrement les sommets promis en début de course et mon moral s’effondre. Le physique ne tarde donc pas à suivre et les muscles lâchent au moindre effort.Je peux au mieux marcher voire trottiner. Dans ces conditions, il m’a fallu des plombes pour rejoindre l’arrivée et même un ravito « jambon fumé –saucisson  – fromage de montagne » n’a pu me revigorer. En me remémorant, quelques jours après,cette descente, elle fut quand même très belle et très sauvage jusqu’à presque1km de l’arrivée (forêts avec des pins gigantesques, des cascades fumantes,etc…). Cela vaut donc indéniablement et largement le détour, mais je n’avais pas le cœur à l’apprécier. Je préviens régulièrement Delphine de mon avancée et elle m’attend pour un petit « photo shooting » juste avant l’arrivée.



Je boucle cette course finalement de 45km /3140 km D+ en 9h45, 222ème / 239 (261 partants). Content de moi, car cette course fut riche d’expérience et d’enseignements dans des paysages de montagne à couper le souffle. Et je n’ai qu’une envie : la refaire l’année prochaine pour boucler le parcours complet.


Merci à Stéphane et à Delphine pour ce récit












XXIV МЕЖДУНАРОДНЫЙ МАРАФОН "ЭРГО- БЕЛЫЕ НОЧИ"

Bon, je vous traduis en anglais quand même
XXIV INTERNATIONAL MARATHON "WHITE NIGHTS"

Ci-dessous le récit de Stéphane sur le Marathon de St-Petersburg du 01 juillet 2012
Ci-dessous le récit de Stéphane

Un marathon à St-Petersburg au moment des nuits blanches. La période de l'année où à 23h, on est encore en plein jour.

Mais bon, tout a commencé par une grosse galère. Une fois à destination, après 1h d'attente à la douane (on ne rentre pas comme ça en Russie), pas de sac à l'arrivée.
ça commence bien, je me retrouve en short, T-shirt en Russie, un Samedi après-midi. Autant dire que pour le marathon du lendemain matin, c'est mal parti.

Encore une heure pour la déclaration de perte (Difficile de trouver quelqu'un qui parle anglais, même à l'aéroport) puis en route pour le centre ville, récupération du dossard, achat d'un cuissard, Pasta-party et réception d'un SMS d'air France comme quoi mon bagage ne sera pas à destination, mais bon, je le savais déjà. Je décide donc de retourner à l'aéroport, il est 20h00. Après m'être fait trimbalé pendant un bon moment, on m'emmène au bureau des bagages perdus pour me dire que l'on a toujours pas de nouvelles de mon bagage. Etant rentré dans la zone de récupération des bagages, je décide d'attendre l'arrivée du
vol du soir de Paris. et miracle, je vois mon sac passer sur le tapis. Ouf, je vais pouvoir être habillé correctement pour la course. Il est presque minuit quand je rentre mais bon, il ne fait pas encore nuit, c'est les nuits blanches et le WE peut enfin commencer. Retour à l'hôtel en Marchroutka (minibus, il n'y à quasiment que ça là-bas, on paye au chauffeur et il vous rend la monnaie en tapant dans sa liasse qui traine sur le tableau de bord). 
On est dans un autre monde, les Ladas cotoient les Cayennes et touaregs, les limitations de vitesse, ils ne connaissent pas, le métro qui est le plus enterré du monde avec des escalators interminables est nickel, pas un tag, ni la moindre saleté par terre.

La course
Le lendemain, Lever 7h (5h heure de Paris) pour un départ à 9h, commun pour le 10km auquel Murielle participe et le marathon. Le temps est couvert et plutôt lourd. Et c'est un déluge qui tombe au moment du départ, pendant les 7 premiers kilomètres. Les rues étant un peu pourries, on est obligé de slalomer entre les grosses flaques d'eau. Murielle qui n'avait jamais fait de courses sous la pluie à été servie. Les multiples traversées de ponts sur les canaux et la Neva, ne facilitent pas le parcours. Au 9ème kilomètre, les concurrents du 10km rentrent vers l'arrivée.

Murielle termine en 54'11" à la 581ème place sur 982 arrivants. Mais elle aura passée plus de temps à observer les tenues des coureurs russes qu'a s'occuper de sa course. Faut dire que l'on se demande comment certains arrivent à courir avec de telles tenues( chaussures en toile, etc...).


Moi, je continue ma course sur de longues avenues interminables entrecoupées de traversées de ponts. Au ravito du 15, il n'y à même pas de table, les bouteilles d'eau sont sur la pelouse au bord de la route et il faut aller se servir. 

Au 20ème, on repasse près de l'arrivée et on à droit à quelques encouragements, sans doute des accompagnateurs de coureurs étrangers car sinon il n'y à personne sur le parcours. Et ce sera comme ça jusqu'à la fin, aucun encouragement, au contraire, on doit plutôt les emm.... Du 20 au 30, je ne suis pas très bien mais je maintiens mon rythme, on commence à doubler des jeunes russes partis trop vite.

Du 30 au 35, on se retrouve sur la perspective Nevsky (les Champs Elysées de St-Petersburg), 2x4 voies embouteillée, à courir dans le couloir de droite, sans matérialisation dans les gazs d'échappement. Ben oui, y  pas de contrôle technique là-bas et la Lada, ça pollue bien. Ensuite on traverse un carrefour, équivalent de la place de l'étoile à Paris avec des bagnoles partout. Heureusement à partir du 35, on retrouve des grandes lignes droites fermées à la circulation 

Et ça va mieux, j'ai retrouvé du rythme pour terminer correctement en 3h31'. 310ème sur 1165 arrivants.

On se rend compte quand même que pour un marathon international, on est loin du niveau d'organisation à l'occidentale. Par contre, Pascal, j'ai trouvé une nouvelle idée de bornes kilométriques pour la Ramboli-ten.

Heureusement la ville est magnifique avec ses palais et ses églises orthodoxes et les quelques jours sur place ne seront pas de trop pour tout visiter.

Une destination de voyage à conseiller pour découvrir la vie à la russe et une magnifique ville au bord de la mer Baltique.
Stéphane

Merci à Stéphane pour cette superbe visite guidée (une belle aventure!)
Bonne récupération à Murielle et à toi




Trail Entre Landes et Bruyères 2012

Samedi 28 avril , 2 000 coureurs ont pris le départ du port d’Erquy, pour 14 km, et du bourg de Plévenon pour 32 km, sur les chemins du Cap d’Erquy au Cap Fréhel.

Une 10e édition qui a  tenu ses promesses.

Ci-dessous le récit de Stéphane Legorre :

Ce Samedi avait lieu à Erquy la 10ème édition du trail "Landes et bruyères" avec un 14 kms couru par Murielle (en boucle au départ d'Erquy) et moi sur le 32 (en ligne au départ de Fréhel vers Erquy). Les 8 derniers kms étant communs. A peu près 1000 inscrits sur chaque course complètes depuis début Février. C'est un trail assez réputé en Bretagne, il faut dire que le cadre est magnifique en suivant les sentiers des douaniers le long de la côte.


Un temps plus que maussade était annoncé avec de la pluie et du vent.
Heureusement ce dernier sera plutôt dans le bon sens pour la course.

Une demi heure avant les départs des courses, il commençait à bruiner mais rien de génant pour courir. 14h départ des 2 courses. Un moment donné, j'ai cru que le team isostar était arrivé là. Mais non, fausse alerte, c'est un autre team avec les mêmes couleurs.
Sur le 32kms, ça part vite mais la course va être longue car la 2ème partie est réputée plus difficile.

Après 3 à 4 bornes de chemins de tracteur, on arrive sur la côte près de Fort la Latte, dans des singles entre "landes" et "bruyères", où on ne peut pas doubler. Je suis donc le rythme. C'est joli mais avec pas mal de caillasses dans les chemins donc il faut être vigilant. Passage au cap Fréhel, un peu venté, on est poussé hors trajectoire.


J'appellerais plutôt ce trail "Landes, bruyères, sable et bitume". Après une dizaine de kilomètres, on traverse pas mal de plages et il y a aussi de nombreuses petites portions bitumées qui gâchent un peu le plaisir. Mais c'est un passage obligé pour longer toute cette côte escarpée. Les nombreuses portions de plages vont en user certains qui vont vite payer leur départ trop rapide. Les changements d'allure entre le sable, les chemins et le bitume sont nombreux.


De nombreux spectateurs suivent la course par la route qui longe la côte. L'ambiance est bonne. ça change des trails en montagne où on a des moments de solitude.
Au 18ème km, passage à Sable d'Or les Pins devant le casino.


Et encore des plages à traverser avant d'arriver au cap d'Erquy. Au 28ème, passage escarpé et glissant où un bénévole nous crie "un seul à la fois" mais ça passe bien. On commence à entendre le speaker au port car on passe sur la falaise au dessus. Encore un petit tour au dessus de la ville et une grande descente très pentue dans Erquy avant le final. Toute la famille est là. Et oui, on est presque à domicile.

A partir de la mi course, j'ai couru avec un local qui s'appelait Stéphane et que tout le monde encourageait. Sympa pour moi tout ces encouragements. Il avait fait toutes les éditions (10). On va se doubler et redoubler jusqu'à la fin. On est sur le même rythme. Et on va surtout doubler un paquet de coureurs car on est pas mal tous les 2. Je vais revenir une dernière fois sur lui à 400m de l'arrivée et accélérer mais il avait plus de jus que moi.

Une belle course en tout cas mais où il faut courir tout le temps. Je ne sais pas si j'ai marché une seule fois. Ah si dans une série de marches bien raides à la sortie d'une plage.
Pour la météo, on aura eu de la chance car il a plu mais pas beaucoup à côté de ce qui s'est mis à tomber une fois rentré à la voiture. Les coureurs de la 2ème partie de course ont du bien se faire tremper.

Murielle sur le 14,2 kms et 293m de D+ termine bien en 1h22'57". 431/947 et 17ème V1F/147. Elle est (très) satisfaite de son résultat.

Moi 165/869 en 2h54'51" pour les 32,6 kms et 675m de D+.


Stéphane

Merci Stéphane pour ce récit, dommage pour la météo
A bientôt pour de nouvelles aventures
Shrek













La Ronde de Choisy-le-Roi 2011

La Ronde de CHOISY-le-ROI se courrait ce dimanche 22 mai aux portes de Paris.

L'occasion de performer sur 10 kilomètres pour une course déjà  labellisée FFA 2012.

Patrick ROURE était au départ pour Rambouillet Sports Athlétisme, mais ça ne s'est pas passé exactement comme prévu.


Récit.


Le courses natures les pieds dans le sable (La Forestière) ou la tête dans les feuillus dans les Vaux de Cernay ça va bien un moment !

Croyez-moi ou pas mais avec ce printemps de sécheresse qui se prend pour un été, c'est devenu difficile pour un coureur de trouver des conditions de course motivante.

Et je ne vous parle pas des odeurs des fleurs sous les rayons ardents. Pouah ! Bonjour les allergies.

Non, le bitume c'est plus stable pour les chevilles, et les trottoirs fleurent bon la civilisation.

On n'a pas les pieds glacés dans un torrent de montagne, et on peut siroter tranquille au ravito en terrasse de trottoir au milieu du fumet de son caniche préféré.


Bon c'est décidé.

Pas question d'être cerné à  Cernay par des à « Vaux à» qui beuglent ! Non merci.

Je choisis plutôt Choisy.

Entre Créteil et Orly, super calme et joli !

Carrefour Pompadour et Belle-Epine, la banlieue y'a pas mieux !


Arrivé tôt près du parc de l'Hôtel de Ville pour mieux se garer : en ville un dimanche matin c'est du pur plaisir. Echauffement entre ruelles résidentielles et avenues commerçantes.

Puis ligne de départ où je guette un homme armé…en me tenant le poignet.

Départ peu rapide à mon goût, on n'est pas à  Vittel où des coureurs fusaient de tous côtés.

Tiens une locale…Aurélia Truel en personne en séance de VMA longue !

Crainte N°1 d'une course locale avec des clubs certes huppés et des noms connus mais avec 400 coureurs maxi : se retrouver seul. C'est fait au bout de 1500 mètres ! On longe la Seine et personne à l'horizon babord, et petit groupe qui s'éloigne à l'horizon tribord.


Tiens une péniche plein de sable. On sent la galère et je commence à  piocher…

Au 4ème kilo y fait Chô ! On éponge sévèrement, heureusement bonne organisation.

Mais le vent redouble, dans tous les sens des 3 boucles du parcours ! Bizarre, ça doit être la Seine qui perturbe le zéphire…

Qui a dit qu'en ville on se sentait seul ? A partir du 7ème je rejoins certains galériens à la dérive, et suis moi-même talonné par des séniors triathlètes.

Je prends les « roues » sans honte : 20 « berges » nous séparent et un peu moins de vent dans la tronche.

En ayant l'impression d'accélérer, à l'arrache, je dépasse à nouveau tout ce petit monde (à l'exception d'1 seul) et fini au mental sur cette longue et large avenue venteuse.

Victoire je finis en 44 secondes, donc mieux que ma meilleure marque en 51 secondes.

Mais oups, petit problème. Pas de puce cette fois-ci. Et après le 4ème abricot sec du ravito de l'arrivée je scrute mon chrono, et je lis 39'44'' et non 38'44''…

MDH !

Horreur. Pouah !

P… de Parcours ultra plat, qui n'arrête pas d'enjamber la voie ferrée, à coups de ponts sévères.

J'ai fini par dérailler.

On se console avec une 8ème place en V2 (60 ème au scratch) et les minimas 2012 déjà en poche.


Pas de quoi gonfler les chevilles mais suffisamment pour enfler ce maudit talon gauche.


Je retrouve ma voiture en boitant légèrement, elle est toujours au même endroit : mais je n'avais pas vu que j'étais stationné… « Rue des Fusillés ».

Mais bien sûr vous n'êtes pas obligé de croire mon histoire…



Allez bonne ‘' répette'' pour l'EKIDEN de la semaine prochaine !


PAT L'AF.             











Errare Trailum est !

Enfin il arrive ce dimanche tant attendu. Voilà des mois qu'on trépigne dans ses running en faisant de la VMA sur piste, en côte, des sorties longues, quelques cross par-ci, une bronchite par-là . On n'a pas souffert tout l'hiver pour rester au lit un dimanche 4 avril à 5 h. Alors quand le réveil sonne, c'est tout le corps qui jubile, si si, malgré les apparences, ça fait plaisir de se lever pour aller en découdre avec cette superbe course de par chez nous les yvelinois.

Alors avec Coach, on s'est fixé RDV comme d'hab. On fait l'inventaire de ce que l'on a pris et .... oublié, oh merde et les guêtres ... oh les cons, c'est vrai qu'il a pas plus depuis une semaine et que c'est pas utile du tout pour courir aujourd'hui. Tant pis ! On n'a pas oublié les chaussures, au moins.

Arrivés à 6h30. Le temps de prendre le dossard dans la froidure d'un petit matin venteux. Le site de départ est moins glamour que celui d'Auffargis. On fait le topo des premiers kilos : partir tranquille, laisser passer la houle des affolés du départ. D'habitude, on fait partie de ce lot de gars qui pensent que partir devant, c'est toujours ça de pris. Ouais, mais là , sagesse et objectifs de saison (l'euskal endurance trail mi-mai) obligent, ça va être piano piano (debout, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup ... bon je continue ou vous avez compris ?).

A 7h10, paf, boum, c'est parti mon kiki. On se cale sur un 13,5 de rigueur et on laisse passer la zone industielle (là encore pas top). On sait qu'on va se la manger au retour et qu'elle sera encore moins jolie après les bosses et les bosses et .... Après 4 km, on se retouve dans le sein des saints, la mecque du traileur fanatique de bouuuuuuuuuuuuuuuuuuuue. Ah merde, j'ai encore glissé ! Avec Coach, on maudit déjà les sentiers de la vallée de Chevreuse. Un coup à droite, un coup à gauche, un coup dans l'eau, j'en passe et des meilleures. Sur la ligne de départ, j'avais dis à Coach : "si c'est du gymkhana dans la boue, je vais vite en avoir marre et faire du tout droit. Mouillé pour mouillé, autant commencer de suite !" Et c'est ce que je fais au bout de 10 min sur ces sentiers. Au fur et à mesure de ma progression sans masque et tuba, je prends quelques mètres d'avance sur mon coéquipier ; mètres qui finissent par se traduirent en secondes (jamais trop, maxi 1 minute, je pense). Souvent, en haut d'une bosse (c'est à dire tout le temps), je me retourne et le vois attaquer la pente.

Ce petit jeu va durer 1h20 puisque je reste presque seul pendant toute la traversée du 16 km, presque car je rejoins un triathlète que j'informe sur les difficultés futures : "là c'est cool, attends de voir les rochers de Maincourt et le retour dans les bosses où nous sommes en ce moment ..." Du coup, refroidi, le gars lève le pied.

En arrivant au premier ravito au bout d'1h50, je remplis mes deux bidons et vois avec plaisir arriver Coach et un coureur. Nous repartons tous les trois avec l'idée de faire un bon bout de chemin ensemble. Coach est une boussole sur pattes et une radio ambulante branchée sur les meilleures fréquences audibles pour les traileurs (bonnes blagues, anecdotes, récits variés ou avariés, analyses techniques ... tout y passe et ça fait passer le temps le plus agréablement du monde. Si si, je vous l'assure, l'essayer, c'est l'adopter !).

Nous cheminons donc dans la boue. Je mène le train car je me sens bien et me souviens très bien de cette portion. Coach me dit de ne pas accélérer car il reste encore quelques km. OK, j'approuve. Notre partenaire du moment ne s'en laisse pas conter. Il fait très généreusement sa part du boulot et lorsqu'il prend la tête dans les parties en dévers, c'est pour assurer le train pendant quelques km. Toi mon gars, t'es un bon partenaire. Chapeau !

Lors de la redescente sur les cascades des Vaux de Cernay, je remprends la tête du trio mais je cale dans la remontée vertigineuse. Si, si, vous savez, celle qui fait 100 m de dénivelé et où vous faites 1 pas en avant et trois en arrière à chaque appui. Ah, vous voyez, vous la remmettez ! Coach assure le rythme, mais notre partenaire commence à montrer des signes de fatigue. Il nous dit qu'il veut cheminer avec nous jusqu'au deuxième ravito. Advienne que pourra. Il ne reste jamais loin mais toujours derrière. Dommage, car la distance s'accroit avant d'arriver à Dampierre et il nous reste encore quelques kilos avant le ravito.

Au bout de 3h10 de course, nous sommes au ravito du 32ème kilo, celui-là même que nous reverrons après la boucle de Maincourt. Une moyenne d'environ 10 km/h, ça c'est bon pour le moral (c'est bon bon). Nous ne sommes plus que tous les deux, moi et mon alter ego. On peut se mettre en condition pour l'euskal en mai car ces 2 x 65 km à deux, c'est un peu the sherry on the cake dans la saison 2010. Courir à deux quand on a le même rythme, ça c'est top !

Le même rythme ? Oulala, pas si vite mon gars, faut pas vendre les pompes du traileur avant de l'avoir tué ! Et mon rythme à moi, il s'effiloche, se désagrège, s'amenuise, se liquéfie ... Les rochers de Maincourt commencent à entamer ma bonne humeur et ma bonne santé. Lorsque Coach avance dans les bosses, j'ai l'impression désagréable de reculer. Et voilà ti pas que Ludovic Dilmi nous avale dans un amas de rochers. Il trotte dans les bosses le gaillard ! On le connaît bien, surtout Coach qui lui doit de finir 2ème depuis plusieurs courses car l'énergumène lui ravit systématiquement la première place depuis l'année dernière. Mais bon, le bougre vaut 1h14 au semi, sans citer les bonnes perfs sur 100 km, alors respect ! Sa première place, il l'a pas volée.

Bon, en attendant, tout ça, ça me rend pas mes jambes. Bien au contraire. En longeant le marais qui amène dans le village de Maincourt, je sens sourdre la menace des crampes. Et dans le faux plat montant après la route, TCHAC, premier coup de poignard dans le mollet droit. Merde, l'alerte est sérieuse. Elle ne me cloue pas sur place mais je sens que si elle s'installe, la course est finie ... ou je finis en 12 heures en marchant. Je sens revenir sur moi un gars qu'on venait de doubler et surtout, je vois un point s'éloigner lentement de moi, c'est Coach; je lui fais signe que je suis au bord de la rupture et qu'il peut continuer sans moi. Et merde ! je veux pas revivre le calvère du trail des Lavoirs où j'ai fait 15 km en marche-petit trot tellement j'étais vide.

Alors je me dis que je dois gérer ça jusqu'au ravito en continuant à boire toutes les 10 min et manger toutes les 30 minutes. Je m'accroche à ça et je repars tant bien que mal, la crampe voyageant de mon mollet droit à mon mollet gauche. Surtout ne pas glisser, car sinon c'est le coup de lame à double tranchant assuré : le premier tranchant taillade les chairs pendant que le deuxième décolle les muscles. C'est de la chirurgie esthétique made in trail ! Je regarde les moindres racines (y'en a partout !), le plus petit caillouuuuuuuuu ... oulala c'est pas passé loin. Et l'eau et la boue, autant vous dire que je m'en contrefous.

Mais il arrive quand ce p.... de ravito ? J'ai bientôt plus d'eau dans les gourdes et les crampes vont se faire un malin plaisir de se rappeler à mon bon souvenir. J'ai un vague souvenir (là la fatigue annihile le sens de la réflexion) qu'il faut slalomer entre les branches avant de remonter sur le sentier goudronné. Et ouf, alors que je viens de boire la dernière goutte (vous la voyez suivre le chemin du goulot au ralenti au moment fatidique de la laper et là ... merde ! Le caillou que vous aviez pas vu et vous envoie valdinguer dans les ronces ! Et la goutte qui se barre pour aller alimenter le ruisseau de boue que vous traversez depuis 5 h !!!!!!!!!). Heureusement, cette scène n'est que le reflet du délirium-fatigue qui s'installe.

En avançant sur le ravito, qui je vois ? Non, pas lui, il était tout blanc et carrément plus impressionnant au départ. Là il trottine nonchalemment et tout gris (la boue, c'est pas bon pour le blanc, et puis pour ravoir les fringues, quel bordel, Coluche vous le dirait). Samuel Bonaudo est là , accompagné d'une jeune femme qui l'encourage. Et moi j'y vais de mon petit mot : "Allez courage Sam, vas-y !" Il est au bord des larmes ou de la crise de nerfs. Ah je vous assure, je comprends rien à ce qui se passe. Il doit être épuisé et veut peut-être abandonner... j'en sais foutre rien, mais une chose est sûr, il est pas au mieux. Moi je me rue sur le ravito : eau, coca et ô joie, ô bonheur, des tucs. Je savais même pas que ça pouvait être orgasmique de croquer dans ces petits biscuits salés. Et du sel, c'est ce qui faisait certainement défaut à mon organisme qui me lançait des signaux d'alertes avec les crampes.

Sam est reparti. Deux grands costauds le suivent à 1 minute. J'entends des rumeurs d'erreur de parcours. Plusieurs coureurs qui étaient dans le groupe de tête (dont Sam) se seraient plantés et auraient vu leur filer sous le nez d'autres coureurs. J'entends parler de 3 coureurs qui sont en tête. Et moi tout de suite de penser à Coach puisqu'il est devant moi. Je l'imagine déjà sur le podium car il a la santé le bougre et se planter ici, lui, ça peut pas lui arriver. Bon cela fait 4h58 que je cours. Il faut repartir pour achever (ou être achevé) ces 11,5  km interminableeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeees.

Avec confiance, je sens que j'ai bien fait de faire une longue pause pour me restaurer, m'étirer. Mon corps me remercie en me laissant courir sur le plat et monter les bosses en marchant avec entrain. Chouette, mais je ne sais pas comment ça roule derrière et je zieute de temps en temps derrière mon épaule. Dans la longue ligne droite, je ne vois personne devant ou derrière. Je vais encore être seul pendant combien de temps ?

A chaque bosse, je me dis, c'est bientôt la dernière, un peu comme un alcoolique qui se dirait "Allez, c'est le dernier". Ou bien comme on dirait, il a la bosse des maths et bien moi, j'ai la bosse des bosses. Ou bien encore ... Non, arrête là , tu nous saoûle ! Ah, vous voyez, je vous disais bien que c'est comme l'alcool.

Les bosses défilent donc et en arrivant sur le long plat dans la vallée, j'aperçois deux coureurs. Là je ne me dis pas, tu vas les manger. J'en sais vraiment plus rien, car j'avance bien sans savoir si ça va durer. Et plus j'avance, plus ils grossissent (oh, ils sont vraiment costauds ceux-là !). Mais non, je me rapproche. C'est donc possible.

Environ 400 m avant d'arriver sur l'ancien départ-arrivée du TVC, ils s'arrêtent pour une pause pipi. Je passe machinalement sans même les regarder (ça c'est pas sympa ; désolé les gars ; c'est pas dans ma nature, mais mon cerveau m'ordonne de regarder droit devant). Cela fait 6h01 que je cours et j'entre dans la cour de l'ancien départ-arrivée (6h01, c'est le temps que j'avais mis il y a 2 ans pour boucler ce TVC, curieux non ?).

Mon cerveau se remet en route et avec lui mes jambes. Je cogite. Si je viens de doubler deux gars, c'est que je suis bien classé, peut-être dans les 10 premiers ? Oulala, ça m'excite ça ! Alors je m'accroche, la foulée est rasante, mais au diable le style tant qu'il y a l'efficacité ! Je sais la fin usante (bitume et long faux-plat montant).  Mais mon objectif est de ne pas me faire repasser devant par ceux que je viens de doubler. Je regarde en arrière. Ils ne sont pas là . Ouf, cela veut dire que j'accrois mon avance, donc que je suis bien.

Dans la partie qui longe un ruisseau, j'aperçois au loin un gars au ralenti. Mais comme avec les précédents, ce coureur là grossit à vue d'oeil. Mais curieusement, ce coureur ne grossit pas beaucoup. Ben oui, pardi ! C'est Coach ! Que fait-il ici ? Je le rejoins. Il babutie. J'ai l'habitude des langues étrangères, mais celle-là ne fait pas partie de mon répertoire. Il bouge les bras de bas en haut. Veut-il s'envoler ? Non le pauvre, il est en panne sèche. Plus de carburant, plus rien, il est tout vide le gars. Je lui file un de mes bidons qui contient encore un peu d'eau et m'excuse de vouloir continuer car je veux finir dans l'euphorie qui anime mes dernières minutes de course.

Je rejoins le bitume et en haut d'une bosse aperçoit de nouveau un coureur à quelques centaines de mètres de moi. Et ben je vous le donne en mille Emile ! Le gars grossit comme les autres. Savais pas que le trail ça filait de l'aérophagie. Mais celui là il grossit encore moins vite que les autres. Alors j'en remets une couche parce que, n'oubliez pas, je suis euphorique ! Et après le dernier virage, je sens que je peux le manger. A 200 m de l'arrivée je peux le toucher et me rends compte que "Oui, c'est lui" (Non pas Sam, je vous rassure, je suis pas Speedy Gonzales non plus). C'est Jean-Philippe Lanfranchi. Un coureur dont je suis les performances car, avec Coach, on s'était rendu compte qu'on avait un niveau similaire à lui. Alors je passe en m'excusant de le faire à 200 m de l'arrivée, mais bon, c'est la course après tout. Il y aurait eu encore 5 km, cela aurait été de même. Je me sentais tellement bien que j'avais l'impression de pouvoir manger tout ceux que je croisais (c'est très prétentieux dit comme ça, mais prenez-vous un shoot d'euphorie post-crampaire un jour et vous comprendrez).

je franchis donc la ligne ou le boudin (vous savez le truc noir qui a failli s'envoler à maintes reprises) en 6h21 et 24 secondes. Le speaker m'annonce 9ème (ouahhhhh!) et me tends le micro pour me demander mes impressions sur la course. Et le plus étonnant dans tout ça, c'est que j'arrive à répondre un truc vachement simple et super lucide, même drôle. Imaginez, moi qui suis plutôt bordélique, introverti et taciturne, alors là ça m'épate (oui mais des Panzani).

Je rejoins le gymnase, mange et bois tout ce qui passe à ma portée. Puis, je repense à Coach et à sa dérive de fin de parcours. Alors malgré mes jambes qui me disent STOP, tu as fini, semblable à une mère Thérésa du traileur, je prends un verre d'eau et des morceaux de banane et file (c'est vite dit, je devais faire du 6 à l'heure) rejoindre mon alter ego pour le soutenir et finir ce TVC avec lui. Il est effectivement là , à 400 m de l'arrivée. Il ne sait plus où il habite, qui je suis, qui tu es toi qui lis ce récit palpitant avec avidité. Lui, de l'avidité, il en a pour son bain, son lit et un bon kilo de pâtes au fromage avec une bièere sur lie, s'il vous plaît !

Mon Coach (Nono's Coach) finit dans l'espace intersidéral en 6h28. Bravo Coach ! Je t'aime. Pas autant que ma femme, c'est vrai, mais elle, elle fait des trucs, je te raconte même pas... si, bon ben, prends les tagliatelles au saumon par exemple, je suis sûr que tu lui arrives même pas à l'orteil, et encore le petit !

Allez, cette perf valait bien toutes les heures passées dans le froid cet hiver. Et merci à Coach, à ma femme qui, ne l'oublions pas, s'occupe des enfants quand Môsieu part gambader dans la nature. Et puis bravo à tous ceux qui doutent et s'accrochent quand même pour finir. Ne jamais dire jamais. Vous pouvez souffrir, vous plantez, mais toujours continuer.

Errare Trailum est !

 


                        COURSE DU MONT CAMEROUN  Samedi 21 Février 2009


Présentation

Départ du stade Molyko de Buéa vers 600 mètres pour rejoindre l'antécime du volcan à 4095 mètres d'altitude et redescendre au stade par le même chemin.

Le schéma est simple. Brut même, comme sait l'être l'Afrique.

La course est plutôt une ascension suivie d'une dégringolade.

Comme l'écrit Roger Calmé dans Jogging International, c'est une 6000 D au cube. Epreuve d'endurance très difficile par la rudesse de ses dénivelés, l'enfer de sa vertigineuse et interminable descente, les pierres volcaniques et des températures à 30°C d'amplitude la même journée.

En revanche la course ne doit pas dépasser pour moi 36 km. Ou peut-être 40 ! Distinguer en Afrique la réalité de ce qui est dit et écrit c'est comme distinguer croyances et superstitions…

Course unique sur le second sommet d'Afrique depuis plus de trente ans, l'ancienne Guinness Run voit désormais son organisation parfaitement… camerounaise : pas de dossards pour tous… et distribués la veille à partir de… 22 heures ! C'est « Patience-expresse » !

Être au départ relève déjà de l'exploit ! Comme apercevoir le sommet du Mont Cameroun :


le « Char des Dieux » ne se dévoile que rarement, même en saison dite « sèche ».

L'histoire de la Course est ponctuée de légendes comme seule sait en distiller l'Afrique riche en mysticismes, en rites, en symboles, en gri-gri…

« Si tu ne respectes pas l'esprit qui habite là -haut tes pieds vont se gâter mon frère ! »

C'est pour cela que la plupart des coureurs ont des sandalettes en plastique, avec une bonne paire de chaussettes de ville proprement rapiécée.

« Avec une bonne paire de Tschang-Chou d'une pointure plus petite pour pas que tes pieds dansent », me confie un vieux Coach présent sur la course depuis près de vingt ans, « tu ne seras pas embêté dans les descentes. Crois-moi j'ai vu beaucoup de ‘JOHNNY JUST COME' » (traduisez des novices, des « bleus » comme moi).

La Course

Après une nuit très très courte (aux rêves de sandales de Cendrillon). Après une arrivée au stade à 6 heures. Après un rapide levé du jour (équateur oblige) le départ est donné à l'aube dès 7 heures précises. En hors-d'Å“uvre, une huitaine de km de route bitumée en côte. La pente ne dépasse pas 9%, c'est juste le Chabrits et le Goudart qui s'enchaînent pour ceux qui connaissent Marvejols-Mende. Mais avec la chaleur (déjà 25°) et l'humidité en plus (minimum 80%).

Les Camerounais sont partis comme des fous. Ils sont dopés par les vivas de la foule agglutinée aux bords des trottoirs. On se fraye parfois un chemin façon Tour de France où des  « allez le Blanc » fusent ça et là .

Après trois quart d'heures de bitume (que l'on retrouvera bien plus chaud quelques heures plus tard en redescendant) on aperçoit la forêt. Quand on finit d'y pénétrer complètement on réalise que la forêt c'est la jungle : un jour par an les hommes crient ici leurs encouragements aux grimpeurs, le reste de l'année les singes  crient entre eux à la cime des arbres.

La jungle procure un peu de fraîcheur, quelques degrés en moins et un bon pourcentage d'humidité en plus ! Courage, Courage, Koraidge. Prononcés en français et en pidgin anglais cette litanie n'a pas fini de nous accompagner et de résonner à nos oreilles.

On atteint le Refuge 1 à près de 1900 mètres d'altitude, toujours dans la jungle. Difficile d'alterner de la course à la marche. En fait cette approche ressemble à celle de nos forêt alpines : chemin plus ou moins étroit à grosses racines, mais avec des passages à près de 20%. Et toujours l'humidité : « le sauna camerounais kwa » ! Tiens, d'ailleurs il pleut ! Vraiment ! Ce ne sont pas les toucans qui font pipi.


Après environ 2 heures plus question de courir. Je laisse enfin la jungle derrière moi et me retrouve nez à nez avec  le « mur ». Avec des petits t-shirt accrochés sur le « mur » : les coureurs devant !

Connaissez-vous la « Course des Terrils » des Chtis ?! Idem avec la brume équatoriale et des scories volcaniques à la place des anciennes mines. Une fois le « mur » escaladé, d'autres « murs » à 30% se succèdent encore et encore.

La maçonnerie semble se calmer peu après le Refuge 2 vers 2800 mètres d'altitude. Un officiel m'agrafe un bout de tissu vert : c'est le contrôle.

Avec près de 4 heures de grimpette , les brumes et ma lucidité s'évaporent avec l'altitude. Quelques météores dégringolent du volcan. Ce sont les premiers qui dévalent la pente. Ils sont déjà sur le retour. Comme des mouflons descendants, ils sont prioritaires, on se pousse pour les laisser passer. Certains ont bien des « sandalettes  Tschang-Chou »…Des extraterrestres…

Même si les flancs des pentes du volcan semblent moins raides la fatigue arrive. On gère. On gère les pas. Les pieds roulent parfois sur des billes de pierres volcaniques posées partout. Le sentier est ponctué de marches de géants. Des peaux de bananes agrémentent çà et là mon ascension : écolos les dosettes énergétiques
ici ! Cà sera plus marrant en descendant…

Parfois le brouillard redevient si épais que je ne vois plus les coureurs devant moi. Je comprends pourquoi on m'a donné un sifflet au départ !


Après plus de 5 heures et demi de grimpée, la pente s'adoucit vraiment mais c'est pire. Des rafales de vent me glace un peu. Des éboulis de roches volcaniques jonchent le sol où l'herbe de savane se fait de plus en plus rare. On marche parfois sur des billes, c'est rigolo.

A partir du Refuge 3, le dernier, je rigole moins.  A 3740 mètres d'altitude, affublé d'un deuxième bout de tissu (orange celui-là ), je m'élance vers le sommet… que je n'atteindrais jamais. J'ai beau accélérer ma cadence de fourmi, dépasser quelques concurrents dont deux Américains avec des bâtons télescopiques, ça fait déjà six heures que je crapahute et l'heure limite est dépassée…

De ce fichu sommet qui semblait si proche, déboule un Bugs Bunny emmitouflé du drapeau


camerounais. Le lapin n'a pas de carotte mais un sifflet pour la fin de la Course ! C'est l'officielle voiture-balai chargée de refouler toutes les fourmis grimpeuses qui cherchent encore à gravir le volcan. Nul ne peut rester derrière lui. Il faut impérativement redescendre vocifère-t-il en anglais aux oreilles d'un Américain.

J'entame alors ce que j'attendais depuis plusieurs mois : l'enfer de la descente. Et ce fut l'enfer jusqu'au stade de Buéa. Surtout en ville avec sa fournaise et ses éclaircies qui brûlent à 30°C humides de vapeurs de kérosène. J'ai bien géré les premiers dénivelés. Je ne suis pas (trop) tombé. Mais l'épuisement m'a gagné après 7 heures. Obligé de m'arrêter souvent pour respirer. Plus de force pour « faire » la descente où pourtant je me débrouille bien.

C'est tout seul que je me fraye un passage jusqu'à la ligne d'arrivée après 9H01'15'' d'effort. Epuisé. Mais pas fourbu et absolument ravi. Puis l'équipe médicale et les médias s'emparent de moi, m'allongent, me déshabillent, me filment et me questionnent : la star quoi ! « C'est l'Afrique », me glisse à l'oreille Roger Calmé.

Epilogue

Je n'ai pas trouvé de classement car tout le monde ne s'intéresse qu'aux trois premiers. Podium 100% camerounais : 4H36'16'' pour le premier et 5H22'25'' pour la première (la troisième femme réalise 5H46'44'').

Environ quatre-vingts coureurs auraient cette année atteint le sommet avec le précieux sésame en tissu rouge. Avec mes deux tissus vert et orange j'ai dû être dans les 200 maxi sur les 700 inscrits et 550 partants.

Le lendemain le personnel de l'hôtel me reconnaît, ils m‘ont vu à la télé camerounaise le matin du départ. J'ai revu le vieux coach qui m'a présenté le second de la Course ( 2 minutes derrière le premier et 20'' devant le troisième), il n'est tombé que trois fois et est très heureux de la médaille et de la prime pour sa famille (deux millions de Francs CFA soit plus de 3000 Euros, plusieurs mois d'un haut salaire). Il habite la deuxième région la plus haute du Cameroun où existent beaucoup de Mont à plus de 3000 mètres pour s'amuser. Il reviendra l'année prochaine s'il n'est pas blessé.

Quant à moi je ne suis plus un « JOHNNY JUST COME » .Mais durant trois nuits j'ai souffert le martyr aux épaules et aux mollets : trop de coups de soleil ! 

                                  Un joli pèle-mêle signé Pat l'Af.                        Patrick R.



 
Dernière modification : 29/04/2013


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