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RSAVENTURE


Le Débarquement du 6 juin 2010


Et oui, comme chaque année, nous attendons avec impatience tous notre bain de boue annuel...
et bien cette année, c'était le 06 juin 2010 que 7000 coureurs ont débarqué sur les plages vaseuses de la Baie de Somme! un rendez vous immanquable pour certain puriste comme moi!!

C'est quand même la sixième année consécutive que je participe à cet événement incontournable... chaque année, je prends autant de plaisir à courir et à affronter la nature dans une ambiance festive... Ils sont chaleureux dans le Ch'Nord, c'est bien connu!

Cette année, j'ai entraîné Yan dit "Buz" dans cette aventure, un bon massage de boue après une blessure, ça ne peut faire que du bien!!

Assez causé, c'est une fois de plus la Micheline qui annonce le départ!! Comme d'habitude les premiers partent comme s'ils n'avaient pas payé l'addition. Mais cette fois, ils sont vite freinés et stoppés par l'organisation! il faut absolument ralentir la tête de course, car ils vont croisés les derniers coureurs avant le plongeon dans la baie!! c'est un peu le bazar! on entend des petits noms d'oiseaux... Mais bon, vite oublié, une fois la plage atteint!

La première foulée dans l'eau ou la vase donne un frisson incomparable, mais bon quand faut y aller, faut y aller! Pas le temps de prendre un bain de boue, je continue ma route dans la baie. Je me retourne pour essayer de voir "Bus" et surtout de voir sa réaction face cette première difficulté.
Impossible trop de monde! A ce moment là, je m'aperçois que suis vraiment dans le paquet de tête... Allez, c'est parti...

Le parcours vers Le Crotoy (la pointe se trouvant de l'autre côté de la plage) est dur, il permet de nous confronter à toutes sortes d'obstacles : sable sec, sable humide, petite végétation de la baie, sillons creusés par la mer par-dessus lesquels il faut parfois prendre son courage à deux mains et se risquer à un beau saut en longueur. Les flaques d'eau mais aussi trous de vases bien cachés entraînent un festival de chutes... enfin tout ce qui fait le charme de la Transbaie, c'est de choisir sa trace, la bonne trace!! avec un peu d'expérience je cours sur les coques et l'herbe à chameau. On moins, sur ces deux surfaces, on est sur de ne pas disparaître dans un trou!

Je prends un peu d'eau au ravitaillement du Crotoy, cette année un changement, on fait un petit tour en ville! sous une pluie d'applaudissements! c'est impressionant! autant d'encouragement. "on est presque porté par la foule! presque !! parce que les chaussures pleine de vases et d'eau pèsent vraiment...
On comprend mieux pourquoi les Kenyans courent pieds nus!!

C'est maintenant le trajet du retour, un bon vent de face vous rappel que vous êtes sur la plage! ce n'est pas les coques ni les palourdes qui vont vous protèger du vent!! les coureurs que je croise (c'est à dire le gros du peloton qui n'a pas encore fait le demi tour) esquissent un sourire communicatif ! je crois que tout le monde est heureux de faire cette course (du 1er au 7 000è) c'est de la souffrance mais quand même beaucoup de plaisir...  Les coureurs sont plus ou moins tachetés de gris voire noir profond...

C'est à ce moment que j'aperçois "Buz" tout sourire! je l'impression qu'il prend un plaisir fou pour une reprise! Un cri et un signe de la main et bonne course, à toute...

Le retour est un peu plus facile, j'essaye de suivre le rythme soutenu des autres concurents dans cette partie de course plus roulante. Bien que nous soyons toujours dans la baie, e parviens à tenir la foulée d'un coureur Kenyan que je rattrape et qui est à la dérive totale...
Eh eh, c'est mon premier Kenyan!!!! et bien "Y a rien à manger la dessus"
Ensuite avant de quitter la plage, j'entends des supporters qui m'annoncent!! "Tu es dans les 100" Quelle bonne surprise! faut pas lâcher ici, j'ai encore quelques précieuses places à grignoter!

Un peu plus loin, j'entends d'ailleurs un spectateur, plus précis celui-là, compter 79...80...81... Ils sont balèzes en calcul mental dans le Ch'Nord !
C'est là que j'arrive à la fin de la baie, et je dois franchir et grimper là où plus de 7000 personnes sont passées, je constate que c'est un véritable champ de labours ! ça glisse, c'est instable, je prends élan et hop, c'est passé!
C'est la berge, maintenant il faut accélérer jusqu'à la ligne et jusqu'au bip final qui sonne la fin du combat!

- 1h15.40 - 79è/6735 arrivants
J'améliore donc mon classement par rapport à l'année dernière (201ème) et d'autre part mon objectif principal qui était le top100 pour cette année!!

Il ne reste plus qu'à attendre "Buz" qui ne tarde pas à arriver emballé par cette ballade vaseuse!!
- 1h30.40 - 79è/6735 arrivants

Je vous épargne l'odeur de hareng fumé dans la voiture sur tout le trajet... mais avec des souvenirs plein la tête.

A l'année prochaine pour une nouvelle Transbaie!
Pourquoi pas une course Club RSA!
ça branche personne cette Cure de Thalasso!!!

Shrek




ARDECHE  PLEIN CŒUR


Le théâtre du TRAIL ARDECHOIS se nomme Désaignes. Petit village ancestral mais 7ème commune la plus vaste de France.  Joli terrain de jeu.

Nichée au cœur d’une Ardèche sauvage et escarpée, le village médiéval est entouré de remparts et percés de portes monumentales et moyenâgeuses.


1er mai 2010. C’est l’aube.


Le village est  totalement envahi de trailers avec leur matos « dernier cri » dans cet univers archaïque d’un autre âge.

Arrivé tôt, seul, sur le lieu des hostilités, c’est d’abord l’attente dans une petite salle du château de Désaignes.

On se blotti près de la cheminée gigantesque. Mais le feu est absent. Dehors des hordes de trailers
continuent de sillonner ruelles et places.


Assi à l’intérieur, sur le piédestal d’une meurtrière, le soldat Pat l’Af attend l’heure.

Dernière révision du matos réglementaire.

Dernier laçage de godillots à puce ‘’électro’’.

Dernier coup d’œil à l’altimètre : c’est l’heure de monter sur la ligne de front.

Après une dernière vidange mécanique (réglementaire elle aussi !) je me rends sur cette fameuse ligne de…départ avec son ‘’méga-boudin’’.

Mais à peine sorti et à découvert, un Pascalou Ruiz tout jovial m’attend et m’arrête prestement.

« N’y va pas ! » me dit-il.

« Restes ici, ne vas pas là-bas ! J’ai mes renseignements » insiste-t-il.

Et de m’expliquer que la zone de combat est ici ! Ses copains nîmois, habitués de l’Ardéchois, savent que çà démarre de cette place et non du ‘’boudin’’.

« Ici c’est fictif, le boudin c’est la puce. » Je ne cherche pas à comprendre et me retrouve blotti (encore !) près de la ligne fatidique ! On est bientôt près de 1400 à attendre.

Fictif ? Sûr je vais être mort à l’arrivée…voire même avant !


Ici au Moyen-âge pas de pétard ! C’est au compte à rebours que Louis Chantre le boss de l’Ardéchois donne la mise à feu. Nous voici enfin libéré. Avec Pascalou on est dans les tous premiers et on se souhaite bonne course. Les ‘’pôvres’’ ne savent pas ce qui les attend.

D’abord le ‘’fictif’’ c’est
1 tour du village par lequel on ressort d’une des portes géantes sous les vivas et les flashs. Dans la foulée on passe sous le ‘’boudin à puces’’, départ réel et future arrivée pour les futurs survivants…

Ensuite çà monte. Après presque 1 kilo çà grimpe toujours, et toujours sur le bitume. Je ne sais où nous emmène cette route, mais elle nous conduit sans fléchir à 8/9%. Dur dur la mise à feu pour un mec froid. J’avais repéré des balises autour du village et j’avais imaginé que la horde de trailers seraient vite stoppée par un sentier monotrace. Que nenni, cette route grimpe sans fin.

De furieux coureurs me doublent, sans doute ceux du 34’’kil’’ car le départ est commun.

Lancé sur 1 p’tit 57, je décide d’adopter une attitude responsable : je marche. Des déraisonnables zigzaguent nerveusement, anxieux de perdre une seconde.

Les Kadors sont déjà loin, et j’ai eu le temps de voir que Pascal les avait suivis malgré sa besace au dos et ses godillots de néo-trailer. A 14 Km/h j’ai vite laissé filer, déjà essoufflé, sur ce raidar bitumeux. Soudain retentit un « allez Patrick l’africain ». Je lève les yeux vers un promontoire qui domine cette fichue route verticale. C’est Murielle et les enfants de Pascal armés d’appareil photo.

C’est super sympa, mais j’allais trop vite pour bien cadrer ! Ah les supporters : aveugles et farceurs !


Bon les choses sérieuses commencent.

Je cours (quand même !) depuis plus de 3/4 d’heure. J’ai  une pâte de fruit en moins à la ceinture, et une de plus dans le ventre ! En campagne les trailers doivent savoir casser la graine. Sinon panne sèche assurée version TVC…

Plus de route. Chemin muletier et sentiers de rigueur. On monte plus gentiment. Quelques ‘’coups de cul’’ nous rappelle à l’ordre des marcheurs et nous font apprécier les 1000m d’altitude.

L’air est pur. Le temps est frais.

Une pluie fine s’invite à notre progression. Temps idéal pour l’effort. Même si certains papotent de temps en temps. Histoires pour tuer le chrono / temps ?

Je préfère rester concentrer et m’éloigne souvent des bavards. Savoir où mettre les pieds. Et surtout regarder autour. Nous frôlons maintenant les 1200m et les vues sont magnifiques. Des monts se détachent des vallées encore brumeuses et forment un chapelet tout en rondeurs. Aussi loin que portent nos yeux vers l’horizon sud-est, les Monts Cévenols sont à nos pieds. C’est le cœur de l’Ardèche, terre contrastée entre le sud bleu provençal et le nord vert volcan d’Auvergne.

Ici on court libre et sauvage. Rude aussi. Les caillasses de granit des chemins bovins nous remettent la vue ‘’terre à terre’’.

L’odeur aussi.


Le purin ici c’est «queque chose » ! D’ailleurs le terrain est parfois très souple : en lisière de ferme on court sur des lits de bouses de vaches séchées de plusieurs mètres de longueur. Heureusement que l’habitat est dispersé…

Après les bouses, c’est le troupeau de biquettes avec leur bouc…

L’ardéchois est rude aussi. Quand un suiveur à la recherche de la course lui demande si « le TRAIL passe par ici ? » il répond : « le QUOI ? »

Bref vaches, boucs, paysans et trailers forment ce matin un joli bouquet écolo, organismes vivants tous gardiens de valeurs primaires et constantes…


Constant et soutenu, c’est mon rythme jusqu’au 15ème kilo avec 1000m de D+ d’avaler.

Pointé
345ème, si j’enlève les 2 /3 qui court le ‘’court’’, avec Pascal que j’ai laissé filer (sic), c’est cool sur 1400 bipèdes. Oyez ! Droit devant ! On attaque la première Citadelle. Tout en haut d’un piton rocheux. Rochebonne la bien nommée. Elle est de toutes les photos de pubs de l’Ardéchois.

Panorama somptueux. Ruine de caractère. On la traverse, on y rentre même dedans.



Puis on plonge dans un ravin aux rochers rendus glissants par la pluie matinale. Plongée vertigineuse où si tu veux admirer tu t’arrêtes, sinon gamelle assurée. D’ailleurs ici c’est arrêt sur image : Pascalou est figé sur la pellicule en slalomeur, Pat l’Af en triple-sauteur. D’autres le seront en figures libres de patineurs !…

Dans cet amas de rochers dégringole aussi un torrent plein de…rochers qu’il faut traverser. Une corde nous aide à ne pas tomber avec l’eau dans le ravin !

Je croise Louis Chantre l’organisateur en train de grimper. Je m’arrête et laisse respectueusement passer le boss de l’Ardéchois. Sourires complices. ‘’L’ouïe’’  s’y  ‘’entend’’ en ‘’chantre’’ du Trail authentique depuis plus de quinze ans…


Après la séquence émotion, opération ravitaillement.


Kilo N° 22. Dans un village. Aux bâtisses austères à minuscules fenêtres. C’est Saint-Jean Roure. Roure= race de petits chênes noueux d’ici.


Mais en Ardèche le ravito c’est pas la dèche !

Chocolat, saucisson y tou y tou… Pas de Picodon pour le trailer(le fromage de chèvres local) : gaz à effet de serre obligent…

En authentiques trailers secoués du bocal, on remplit gourdes et outres Salomon ou Camel-back. Les trailers préfèrent les outres en peaux de Chameau-back, pas en peau de bouc de l’Ardèche. Question d’odeur sans doute…

Nous repartons chargé d’eau comme des mules. Je me sens lourd comme après un repas de famille. On quitte ce rude mais goûteux St Jean Roure, et toute la famille de trailers chemine à nouveau au milieu des prés, fermes et châtaigneraies.

Puis le sentier nous conduit furtivement dans un bois de résineux où la lumière ne pénètre presque plus. Il y fait tellement noir que j’écarquille les yeux pour éviter les racines assassines…Heureusement je n’ai pas vu de troll ! Des ailes me poussent ! Je n’ai même pas senti les 1200m d’alt. de la seconde ascension ! De nouveau léger je mets les voiles dans la descente. Bientôt la bifurcation vers le Paradis. Deux panneaux en bois, gravés 34 et 57, coupent le sentier en deux directions opposées. Il faut choisir son chemin… Symbolique… Je file droit sur le panneau … et l’esquive au dernier moment ! L’un des deux bénévoles annonce à voix haute mon N° de dossard, l’autre le note.

Je regarde instinctivement derrière moi  si d’autres fêlés m’ont suivi sur le ‘’long’’…


Sentiers, routes (encore), hydratations et alimentations rythment les heures qui passent. D’autres odeurs s’éveillent, celles des fougères et du thym sauvage. Sentiers bucoliques. Et noms des hameaux significatifs : ‘’Vacheresse ‘’, ‘’Chantepoule’’ ou ‘’La Castagne’’. Ah ! En Ardèche le marron c’est sacré ! Appellation d’Origine Contrôlée et des panneaux rouges dans les bois perdus : « Interdit de ramasser des châtaignes » !

Deuxième ravito. 33ème kilo déjà ? Toujours aussi sympa dans un hameau au milieu de nulle part.

57 moins 33 = le meilleur qui débute.

Et les buttes ici ce n’est pas le TVC, çà monte cool mais çà ne s’arrête jamais au virage d’après !


Passage « émotion » : au bout d’un pré que nul chemin ne parcourait, le balisage indique qu’il faut traverser à gué un torrent de 5 à 6 mètres de large ! Petite rivière tumultueuse de montagne… Certains veulent finasser sur des rochers à peine immergés… Coup d’œil à gauche, coup d’œil à droite : pas d’échappatoire possible, FAUT SE JETER A L’EAU ! Mes chaussures plongent les premières, mes mollets suivent, mes genoux esquivent. Mes pieds sentent à chaque pas l’eau glacée du torrent s’infiltrer entre chaque orteil. Cela réveille le bonhomme et aussi ses bobos, vieux ou récents ! Vivifiant là où çà passe…

Et nous voici reparti avec de vrais ‘’pompes’’ aux pieds !


L’armée de trailers s’est distendue. Les rangs se sont éclaircis. Il m’arrive de n’entendre que ma foulée et d’être tout seul. Mais la procession continue.

Souci gastrique. Trop de sauciflard ! Je reluque avec envie les p’tits cabanons isolés au fond des cours de ferme.

10 minutes plus tard mes rêves sont assouvis et un Pat l’Af ‘’light’’ chemine à nouveau le cœur léger. Mais le coureur des bois commence à connaître d’autres ratés : le réservoir  baisse. Bientôt tous les niveaux sont dans le rouge : énergie, eau. Vite une pâte de fruit !

Comme dit un coureur qui me passe, même les descentes font mal désormais. Et j’ai de plus en plus de coureurs /doubleurs : mauvais signe…

3ème et dernier ravito. Opération récup. Au lieu-dit Labatie D’Andaure. Endolori mais pas abattu je fais le plein de tout ! Et bon pour le moral ma moitié me fait la surprise de sa présence. On papote un peu. Stéph Mallardé était en tête ici au 46ème kilo. A la faveur d’une petite erreur de parcours  il laissera passer Julien Chorrier pour revenir sur ce dernier dans la plongée sur Désaignes , mais mourir à 40 secondes de la victoire.

J’ignore toutefois
ce dénouement au moment où je quitte à regret le confort douillet du ravito. Comme j’ignore aussi ce qui m’attend pour le final…


J’avais vu hier au bord d’une route un calvaire… « A la Gloire de Notre-Dame des Douleurs ». Vision que je ne savais prémonitoire…

Idem le bloc de granit d’une tonne et demie qui trône au milieu du village de Désaignes. Annonciateur du ‘’dur’’.  Le cœur de L’Ardéchois. Du costaud ! C’est l’ultime ascension…


Derrière moi, une voix dit : « Est-ce là-haut qu’il faut monter ? »

Personne dans le petit groupe ne répond. Chacun d’entre nous n’y crois pas. Ou ne veux pas y croire. Une montagne minérale s’élève face à nous, et nous obligent à casser la nuque pour la regarder. La montagne semble dessiner des remparts. Ou des ruines. Je fixe 3 rochers
qui se détachent nettement tout là-haut dans le ciel tourmenté… L’instant d’après je les  fixe encore du regard. L’un des 3 rochers a bougé !!! HORREUR ! Ce ne sont pas des rochers, ce sont des humains…DONC  ON MONTE LA-HAUT !

Reste le meilleur pour y arriver.

Le cardio s’affole cette fois à 1000m : Ardèche plein cœur.

Le sol devient si meuble et la pente devient si raide qu’il faut s’accrocher aux bruyères et s’y agripper pour grimper sans reculer ! Tout en cherchant du regard une balise pour ne pas s’égarer…

Je comprends mieux l’affiche du vainqueur de l’an dernier, David Pasquio les mains au contact des bruyères.

Les ruines du sommet aux ‘’cailloux humains’’ s’appelle Rochebloine, et son versant sud doit nous ramener en terre promise.

Pentes guère violentes. Mais réservoir / énergie définitivement à sec. On fonctionne désormais à l’éolienne. Des coureurs me passent  par poignées.  Deux traileuses me reprennent même ensemble dans la pente !

Cà sent l’arrivée. Cà s’entend aussi. Haut-parleur et encouragements remontent de la vallée et nous arrivent au cerveau via les oreilles.

Cà sent l’écurie et de nouvelles forces me reviennent. Les derniers hectomètres de la descente devenue technique me vont à ravir, et la remontée dans désaignes me permet de ‘’déposer’’ à mon tour l’une des 2 traileuses, en totale panne sèche à son tour.

Le franchissement du boudin du matin (la ligne d’arrivée) est une véritable délivrance. Saveur particulière et fierté de ‘’finisher’’.

Coup d’œil à mon chrono : 7 H 11’ 27’’

Petite attente et petit mot de consolation à la féminine vidée.

Puis Emotions partagées avec Ma Moitié.


Et on refait déjà la course avec les autres trailers entre quartiers d’oranges, tranches de saucissons et gorgées de Coca.

On s’enquit de la place. 176ème sur ? On verra bien, 4 ou 500 selon… beaucoup d’histoires perso…



Je n’ai pas croisé Pascal à l’Arrivée : normal, arrivé 11ème du ‘’court’’ au scratch, il avait tout son temps pour remonter à Rambouillet. Et m’attendre sur la piste du Vieux Moulin pour parler ensemble de «  techenik »  de descente !






Errare Trailum est !


Enfin il arrive ce dimanche tant attendu. Voilà des mois qu'on trépigne dans ses running en faisant de la VMA sur piste, en côte, des sorties longues, quelques cross par-ci, une bronchite par-là. On n'a pas souffert tout l'hiver pour rester au lit un dimanche 4 avril à 5 h. Alors quand le réveil sonne, c'est tout le corps qui jubile, si si, malgré les apparences, ça fait plaisir de se lever pour aller en découdre avec cette superbe course de par chez nous les yvelinois.

Alors avec Coach, on s'est fixé RDV comme d'hab. On fait l'inventaire de ce que l'on a pris et .... oublié, oh merde et les guêtres ... oh les cons, c'est vrai qu'il a pas plus depuis une semaine et que c'est pas utile du tout pour courir aujourd'hui. Tant pis ! On n'a pas oublié les chaussures, au moins.

Arrivés à 6h30. Le temps de prendre le dossard dans la froidure d'un petit matin venteux. Le site de départ est moins glamour que celui d'Auffargis. On fait le topo des premiers kilos : partir tranquille, laisser passer la houle des affolés du départ. D'habitude, on fait partie de ce lot de gars qui pensent que partir devant, c'est toujours ça de pris. Ouais, mais là, sagesse et objectifs de saison (l'euskal endurance trail mi-mai) obligent, ça va être piano piano (debout, c'est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup ... bon je continue ou vous avez compris ?).

A 7h10, paf, boum, c'est parti mon kiki. On se cale sur un 13,5 de rigueur et on laisse passer la zone industielle (là encore pas top). On sait qu'on va se la manger au retour et qu'elle sera encore moins jolie après les bosses et les bosses et .... Après 4 km, on se retouve dans le sein des saints, la mecque du traileur fanatique de bouuuuuuuuuuuuuuuuuuuue. Ah merde, j'ai encore glissé ! Avec Coach, on maudit déjà les sentiers de la vallée de Chevreuse. Un coup à droite, un coup à gauche, un coup dans l'eau, j'en passe et des meilleures. Sur la ligne de départ, j'avais dis à Coach : "si c'est du gymkhana dans la boue, je vais vite en avoir marre et faire du tout droit. Mouillé pour mouillé, autant commencer de suite !" Et c'est ce que je fais au bout de 10 min sur ces sentiers. Au fur et à mesure de ma progression sans masque et tuba, je prends quelques mètres d'avance sur mon coéquipier ; mètres qui finissent par se traduirent en secondes (jamais trop, maxi 1 minute, je pense). Souvent, en haut d'une bosse (c'est à dire tout le temps), je me retourne et le vois attaquer la pente.

Ce petit jeu va durer 1h20 puisque je reste presque seul pendant toute la traversée du 16 km, presque car je rejoins un triathlète que j'informe sur les difficultés futures : "là c'est cool, attends de voir les rochers de Maincourt et le retour dans les bosses où nous sommes en ce moment ..." Du coup, refroidi, le gars lève le pied.

En arrivant au premier ravito au bout d'1h50, je remplis mes deux bidons et vois avec plaisir arriver Coach et un coureur. Nous repartons tous les trois avec l'idée de faire un bon bout de chemin ensemble. Coach est une boussole sur pattes et une radio ambulante branchée sur les meilleures fréquences audibles pour les traileurs (bonnes blagues, anecdotes, récits variés ou avariés, analyses techniques ... tout y passe et ça fait passer le temps le plus agréablement du monde. Si si, je vous l'assure, l'essayer, c'est l'adopter !).

Nous cheminons donc dans la boue. Je mène le train car je me sens bien et me souviens très bien de cette portion. Coach me dit de ne pas accélérer car il reste encore quelques km. OK, j'approuve. Notre partenaire du moment ne s'en laisse pas conter. Il fait très généreusement sa part du boulot et lorsqu'il prend la tête dans les parties en dévers, c'est pour assurer le train pendant quelques km. Toi mon gars, t'es un bon partenaire. Chapeau !

Lors de la redescente sur les cascades des Vaux de Cernay, je remprends la tête du trio mais je cale dans la remontée vertigineuse. Si, si, vous savez, celle qui fait 100 m de dénivelé et où vous faites 1 pas en avant et trois en arrière à chaque appui. Ah, vous voyez, vous la remmettez ! Coach assure le rythme, mais notre partenaire commence à montrer des signes de fatigue. Il nous dit qu'il veut cheminer avec nous jusqu'au deuxième ravito. Advienne que pourra. Il ne reste jamais loin mais toujours derrière. Dommage, car la distance s'accroit avant d'arriver à Dampierre et il nous reste encore quelques kilos avant le ravito.

Au bout de 3h10 de course, nous sommes au ravito du 32ème kilo, celui-là même que nous reverrons après la boucle de Maincourt. Une moyenne d'environ 10 km/h, ça c'est bon pour le moral (c'est bon bon). Nous ne sommes plus que tous les deux, moi et mon alter ego. On peut se mettre en condition pour l'euskal en mai car ces 2 x 65 km à deux, c'est un peu the sherry on the cake dans la saison 2010. Courir à deux quand on a le même rythme, ça c'est top !

Le même rythme ? Oulala, pas si vite mon gars, faut pas vendre les pompes du traileur avant de l'avoir tué ! Et mon rythme à moi, il s'effiloche, se désagrège, s'amenuise, se liquéfie ... Les rochers de Maincourt commencent à entamer ma bonne humeur et ma bonne santé. Lorsque Coach avance dans les bosses, j'ai l'impression désagréable de reculer. Et voilà ti pas que Ludovic Dilmi nous avale dans un amas de rochers. Il trotte dans les bosses le gaillard ! On le connaît bien, surtout Coach qui lui doit de finir 2ème depuis plusieurs courses car l'énergumène lui ravit systématiquement la première place depuis l'année dernière. Mais bon, le bougre vaut 1h14 au semi, sans citer les bonnes perfs sur 100 km, alors respect ! Sa première place, il l'a pas volée.

Bon, en attendant, tout ça, ça me rend pas mes jambes. Bien au contraire. En longeant le marais qui amène dans le village de Maincourt, je sens sourdre la menace des crampes. Et dans le faux plat montant après la route, TCHAC, premier coup de poignard dans le mollet droit. Merde, l'alerte est sérieuse. Elle ne me cloue pas sur place mais je sens que si elle s'installe, la course est finie ... ou je finis en 12 heures en marchant. Je sens revenir sur moi un gars qu'on venait de doubler et surtout, je vois un point s'éloigner lentement de moi, c'est Coach; je lui fais signe que je suis au bord de la rupture et qu'il peut continuer sans moi. Et merde ! je veux pas revivre le calvère du trail des Lavoirs où j'ai fait 15 km en marche-petit trot tellement j'étais vide.

Alors je me dis que je dois gérer ça jusqu'au ravito en continuant à boire toutes les 10 min et manger toutes les 30 minutes. Je m'accroche à ça et je repars tant bien que mal, la crampe voyageant de mon mollet droit à mon mollet gauche. Surtout ne pas glisser, car sinon c'est le coup de lame à double tranchant assuré : le premier tranchant taillade les chairs pendant que le deuxième décolle les muscles. C'est de la chirurgie esthétique made in trail ! Je regarde les moindres racines (y'en a partout !), le plus petit caillouuuuuuuuu ... oulala c'est pas passé loin. Et l'eau et la boue, autant vous dire que je m'en contrefous.

Mais il arrive quand ce p.... de ravito ? J'ai bientôt plus d'eau dans les gourdes et les crampes vont se faire un malin plaisir de se rappeler à mon bon souvenir. J'ai un vague souvenir (là la fatigue annihile le sens de la réflexion) qu'il faut slalomer entre les branches avant de remonter sur le sentier goudronné. Et ouf, alors que je viens de boire la dernière goutte (vous la voyez suivre le chemin du goulot au ralenti au moment fatidique de la laper et là ... merde ! Le caillou que vous aviez pas vu et vous envoie valdinguer dans les ronces ! Et la goutte qui se barre pour aller alimenter le ruisseau de boue que vous traversez depuis 5 h !!!!!!!!!). Heureusement, cette scène n'est que le reflet du délirium-fatigue qui s'installe.

En avançant sur le ravito, qui je vois ? Non, pas lui, il était tout blanc et carrément plus impressionnant au départ. Là il trottine nonchalemment et tout gris (la boue, c'est pas bon pour le blanc, et puis pour ravoir les fringues, quel bordel, Coluche vous le dirait). Samuel Bonaudo est là, accompagné d'une jeune femme qui l'encourage. Et moi j'y vais de mon petit mot : "Allez courage Sam, vas-y !" Il est au bord des larmes ou de la crise de nerfs. Ah je vous assure, je comprends rien à ce qui se passe. Il doit être épuisé et veut peut-être abandonner... j'en sais foutre rien, mais une chose est sûr, il est pas au mieux. Moi je me rue sur le ravito : eau, coca et ô joie, ô bonheur, des tucs. Je savais même pas que ça pouvait être orgasmique de croquer dans ces petits biscuits salés. Et du sel, c'est ce qui faisait certainement défaut à mon organisme qui me lançait des signaux d'alertes avec les crampes.

Sam est reparti. Deux grands costauds le suivent à 1 minute. J'entends des rumeurs d'erreur de parcours. Plusieurs coureurs qui étaient dans le groupe de tête (dont Sam) se seraient plantés et auraient vu leur filer sous le nez d'autres coureurs. J'entends parler de 3 coureurs qui sont en tête. Et moi tout de suite de penser à Coach puisqu'il est devant moi. Je l'imagine déjà sur le podium car il a la santé le bougre et se planter ici, lui, ça peut pas lui arriver. Bon cela fait 4h58 que je cours. Il faut repartir pour achever (ou être achevé) ces 11,5  km interminableeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeees.

Avec confiance, je sens que j'ai bien fait de faire une longue pause pour me restaurer, m'étirer. Mon corps me remercie en me laissant courir sur le plat et monter les bosses en marchant avec entrain. Chouette, mais je ne sais pas comment ça roule derrière et je zieute de temps en temps derrière mon épaule. Dans la longue ligne droite, je ne vois personne devant ou derrière. Je vais encore être seul pendant combien de temps ?

A chaque bosse, je me dis, c'est bientôt la dernière, un peu comme un alcoolique qui se dirait "Allez, c'est le dernier". Ou bien comme on dirait, il a la bosse des maths et bien moi, j'ai la bosse des bosses. Ou bien encore ... Non, arrête là, tu nous saoûle ! Ah, vous voyez, je vous disais bien que c'est comme l'alcool.

Les bosses défilent donc et en arrivant sur le long plat dans la vallée, j'aperçois deux coureurs. Là je ne me dis pas, tu vas les manger. J'en sais vraiment plus rien, car j'avance bien sans savoir si ça va durer. Et plus j'avance, plus ils grossissent (oh, ils sont vraiment costauds ceux-là !). Mais non, je me rapproche. C'est donc possible.

Environ 400 m avant d'arriver sur l'ancien départ-arrivée du TVC, ils s'arrêtent pour une pause pipi. Je passe machinalement sans même les regarder (ça c'est pas sympa ; désolé les gars ; c'est pas dans ma nature, mais mon cerveau m'ordonne de regarder droit devant). Cela fait 6h01 que je cours et j'entre dans la cour de l'ancien départ-arrivée (6h01, c'est le temps que j'avais mis il y a 2 ans pour boucler ce TVC, curieux non ?).

Mon cerveau se remet en route et avec lui mes jambes. Je cogite. Si je viens de doubler deux gars, c'est que je suis bien classé, peut-être dans les 10 premiers ? Oulala, ça m'excite ça ! Alors je m'accroche, la foulée est rasante, mais au diable le style tant qu'il y a l'efficacité ! Je sais la fin usante (bitume et long faux-plat montant).  Mais mon objectif est de ne pas me faire repasser devant par ceux que je viens de doubler. Je regarde en arrière. Ils ne sont pas là. Ouf, cela veut dire que j'accrois mon avance, donc que je suis bien.

Dans la partie qui longe un ruisseau, j'aperçois au loin un gars au ralenti. Mais comme avec les précédents, ce coureur là grossit à vue d'oeil. Mais curieusement, ce coureur ne grossit pas beaucoup. Ben oui, pardi ! C'est Coach ! Que fait-il ici ? Je le rejoins. Il babutie. J'ai l'habitude des langues étrangères, mais celle-là ne fait pas partie de mon répertoire. Il bouge les bras de bas en haut. Veut-il s'envoler ? Non le pauvre, il est en panne sèche. Plus de carburant, plus rien, il est tout vide le gars. Je lui file un de mes bidons qui contient encore un peu d'eau et m'excuse de vouloir continuer car je veux finir dans l'euphorie qui anime mes dernières minutes de course.

Je rejoins le bitume et en haut d'une bosse aperçoit de nouveau un coureur à quelques centaines de mètres de moi. Et ben je vous le donne en mille Emile ! Le gars grossit comme les autres. Savais pas que le trail ça filait de l'aérophagie. Mais celui là il grossit encore moins vite que les autres. Alors j'en remets une couche parce que, n'oubliez pas, je suis euphorique ! Et après le dernier virage, je sens que je peux le manger. A 200 m de l'arrivée je peux le toucher et me rends compte que "Oui, c'est lui" (Non pas Sam, je vous rassure, je suis pas Speedy Gonzales non plus). C'est Jean-Philippe Lanfranchi. Un coureur dont je suis les performances car, avec Coach, on s'était rendu compte qu'on avait un niveau similaire à lui. Alors je passe en m'excusant de le faire à 200 m de l'arrivée, mais bon, c'est la course après tout. Il y aurait eu encore 5 km, cela aurait été de même. Je me sentais tellement bien que j'avais l'impression de pouvoir manger tout ceux que je croisais (c'est très prétentieux dit comme ça, mais prenez-vous un shoot d'euphorie post-crampaire un jour et vous comprendrez).

je franchis donc la ligne ou le boudin (vous savez le truc noir qui a failli s'envoler à maintes reprises) en 6h21 et 24 secondes. Le speaker m'annonce 9ème (ouahhhhh!) et me tends le micro pour me demander mes impressions sur la course. Et le plus étonnant dans tout ça, c'est que j'arrive à répondre un truc vachement simple et super lucide, même drôle. Imaginez, moi qui suis plutôt bordélique, introverti et taciturne, alors là ça m'épate (oui mais des Panzani).

Je rejoins le gymnase, mange et bois tout ce qui passe à ma portée. Puis, je repense à Coach et à sa dérive de fin de parcours. Alors malgré mes jambes qui me disent STOP, tu as fini, semblable à une mère Thérésa du traileur, je prends un verre d'eau et des morceaux de banane et file (c'est vite dit, je devais faire du 6 à l'heure) rejoindre mon alter ego pour le soutenir et finir ce TVC avec lui. Il est effectivement là, à 400 m de l'arrivée. Il ne sait plus où il habite, qui je suis, qui tu es toi qui lis ce récit palpitant avec avidité. Lui, de l'avidité, il en a pour son bain, son lit et un bon kilo de pâtes au fromage avec une bièere sur lie, s'il vous plaît !

Mon Coach (Nono's Coach) finit dans l'espace intersidéral en 6h28. Bravo Coach ! Je t'aime. Pas autant que ma femme, c'est vrai, mais elle, elle fait des trucs, je te raconte même pas... si, bon ben, prends les tagliatelles au saumon par exemple, je suis sûr que tu lui arrives même pas à l'orteil, et encore le petit !

Allez, cette perf valait bien toutes les heures passées dans le froid cet hiver. Et merci à Coach, à ma femme qui, ne l'oublions pas, s'occupe des enfants quand Môsieu part gambader dans la nature. Et puis bravo à tous ceux qui doutent et s'accrochent quand même pour finir. Ne jamais dire jamais. Vous pouvez souffrir, vous plantez, mais toujours continuer.


Errare Trailum est !

 




                          COURSE DU MONT CAMEROUN  Samedi 21 Février 2009

Présentation


Départ du stade Molyko de Buéa vers 600 mètres pour rejoindre l’antécime du volcan à 4095 mètres d’altitude et redescendre au stade par le même chemin.


Le schéma est simple. Brut même, comme sait l’être l’Afrique.


La course est plutôt une ascension suivie d’une dégringolade.


Comme l’écrit Roger Calmé dans Jogging International, c’est une 6000 D au cube. Epreuve d’endurance très difficile par la rudesse de ses dénivelés, l’enfer de sa vertigineuse et interminable descente, les pierres volcaniques et des températures à 30°C d’amplitude la même journée.





En revanche la course ne doit pas dépasser pour moi 36 km. Ou peut-être 40 ! Distinguer en Afrique la réalité de ce qui est dit et écrit c’est comme distinguer croyances et superstitions…


Course unique sur le second sommet d’Afrique depuis plus de trente ans, l’ancienne Guinness Run voit désormais son organisation parfaitement… camerounaise : pas de dossards pour tous… et distribués la veille à partir de… 22 heures ! C’est « Patience-expresse » !


Être au départ relève déjà de l’exploit ! Comme apercevoir le sommet du Mont Cameroun : le « Char des Dieux » ne se dévoile que rarement, même en saison dite « sèche ».


L’histoire de la Course est ponctuée de légendes comme seule sait en distiller l’Afrique riche en mysticismes, en rites, en symboles, en gri-gri…


« Si tu ne respectes pas l’esprit qui habite là-haut tes pieds vont se gâter mon frère ! »


C’est pour cela que la plupart des coureurs ont des sandalettes en plastique, avec une bonne paire de chaussettes de ville proprement rapiécée.

« Avec une bonne paire de Tschang-Chou d’une pointure plus petite pour pas que tes pieds dansent », me confie un vieux Coach présent sur la course depuis près de vingt ans, « tu ne seras pas embêté dans les descentes. Crois-moi j’ai vu beaucoup de ‘JOHNNY JUST COME’ » (traduisez des novices, des « bleus » comme moi).


La Course


Après une nuit très très courte (aux rêves de sandales de Cendrillon). Après une arrivée au stade à 6 heures. Après un rapide levé du jour (équateur oblige) le départ est donné à l’aube dès 7 heures précises. En hors-d’œuvre, une huitaine de km de route bitumée en côte. La pente ne dépasse pas 9%, c’est juste le Chabrits et le Goudart qui s’enchaînent pour ceux qui connaissent Marvejols-Mende. Mais avec la chaleur (déjà 25°) et l’humidité en plus (minimum 80%).


Les Camerounais sont partis comme des fous. Ils sont dopés par les vivas de la foule agglutinée aux bords des trottoirs. On se fraye parfois un chemin façon Tour de France où des  « allez le Blanc » fusent ça et là.


Après trois quart d’heures de bitume (que l’on retrouvera bien plus chaud quelques heures plus tard en redescendant) on aperçoit la forêt. Quand on finit d’y pénétrer complètement on réalise que la forêt c’est la jungle : un jour par an les hommes crient ici leurs encouragements aux grimpeurs, le reste de l’année les singes  crient entre eux à la cime des arbres.

La jungle procure un peu de fraîcheur, quelques degrés en moins et un bon pourcentage d’humidité en plus ! Courage, Courage, Koraidge. Prononcés en français et en pidgin anglais cette litanie n’a pas fini de nous accompagner et de résonner à nos oreilles.


On atteint le Refuge 1 à près de 1900 mètres d’altitude, toujours dans la jungle. Difficile d’alterner de la course à la marche. En fait cette approche ressemble à celle de nos forêt alpines : chemin plus ou moins étroit à grosses racines, mais avec des passages à près de 20%. Et toujours l’humidité : « le sauna camerounais kwa » ! Tiens, d’ailleurs il pleut ! Vraiment ! Ce ne sont pas les toucans qui font pipi.


Après environ 2 heures plus question de courir. Je laisse enfin la jungle derrière moi et me retrouve nez à nez avec  le « mur ». Avec des petits t-shirt accrochés sur le « mur » : les coureurs devant !


Connaissez-vous la « Course des Terrils » des Chtis ?! Idem avec la brume équatoriale et des scories volcaniques à la place des anciennes mines. Une fois le « mur » escaladé, d’autres « murs » à 30% se succèdent encore et encore.


La maçonnerie semble se calmer peu après le Refuge 2 vers 2800 mètres d’altitude. Un officiel m’agrafe un bout de tissu vert : c’est le contrôle.


Avec près de 4 heures de grimpette , les brumes et ma lucidité s’évaporent avec l’altitude. Quelques météores dégringolent du volcan. Ce sont les premiers qui dévalent la pente. Ils sont déjà sur le retour. Comme des mouflons descendants, ils sont prioritaires, on se pousse pour les laisser passer. Certains ont bien des « sandalettes  Tschang-Chou »…Des extraterrestres…


Même si les flancs des pentes du volcan semblent moins raides la fatigue arrive. On gère. On gère les pas. Les pieds roulent parfois sur des billes de pierres volcaniques posées partout. Le sentier est ponctué de marches de géants. Des peaux de bananes agrémentent çà et là mon ascension : écolos les dosettes énergétiques
ici ! Cà sera plus marrant en descendant…

Parfois le brouillard redevient si épais que je ne vois plus les coureurs devant moi. Je comprends pourquoi on m’a donné un sifflet au départ !

Après plus de 5 heures et demi de grimpée, la pente s’adoucit vraiment mais c’est pire. Des rafales de vent me glace un peu. Des éboulis de roches volcaniques jonchent le sol où l’herbe de savane se fait de plus en plus rare. On marche parfois sur des billes, c’est rigolo.


A partir du Refuge 3, le dernier, je rigole moins.  A 3740 mètres d’altitude, affublé d’un deuxième bout de tissu (orange celui-là), je m’élance vers le sommet… que je n’atteindrais jamais. J’ai beau accélérer ma cadence de fourmi, dépasser quelques concurrents dont deux Américains avec des bâtons télescopiques, ça fait déjà six heures que je crapahute et l’heure limite est dépassée…


De ce fichu sommet qui semblait si proche, déboule un Bugs Bunny emmitouflé du drapeau camerounais. Le lapin n’a pas de carotte mais un sifflet pour la fin de la Course ! C’est l’officielle voiture-balai chargée de refouler toutes les fourmis grimpeuses qui cherchent encore à gravir le volcan. Nul ne peut rester derrière lui. Il faut impérativement redescendre vocifère-t-il en anglais aux oreilles d’un Américain.


J’entame alors ce que j’attendais depuis plusieurs mois : l’enfer de la descente. Et ce fut l’enfer jusqu’au stade de Buéa. Surtout en ville avec sa fournaise et ses éclaircies qui brûlent à 30°C humides de vapeurs de kérosène. J’ai bien géré les premiers dénivelés. Je ne suis pas (trop) tombé. Mais l’épuisement m’a gagné après 7 heures. Obligé de m’arrêter souvent pour respirer. Plus de force pour « faire » la descente où pourtant je me débrouille bien.


C’est tout seul que je me fraye un passage jusqu’à la ligne d’arrivée après 9H01’15’’ d’effort. Epuisé. Mais pas fourbu et absolument ravi. Puis l’équipe médicale et les médias s’emparent de moi, m’allongent, me déshabillent, me filment et me questionnent : la star quoi ! « C’est l’Afrique », me glisse à l’oreille Roger Calmé.


Epilogue


Je n’ai pas trouvé de classement car tout le monde ne s’intéresse qu’aux trois premiers. Podium 100% camerounais : 4H36’16’’ pour le premier et 5H22’25’’ pour la première (la troisième femme réalise 5H46’44’’).


Environ quatre-vingts coureurs auraient cette année atteint le sommet avec le précieux sésame en tissu rouge. Avec mes deux tissus vert et orange j’ai dû être dans les 200 maxi sur les 700 inscrits et 550 partants.


Le lendemain le personnel de l’hôtel me reconnaît, ils m‘ont vu à la télé camerounaise le matin du départ. J’ai revu le vieux coach qui m’a présenté le second de la Course ( 2 minutes derrière le premier et 20’’ devant le troisième), il n’est tombé que trois fois et est très heureux de la médaille et de la prime pour sa famille (deux millions de Francs CFA soit plus de 3000 Euros, plusieurs mois d’un haut salaire). Il habite la deuxième région la plus haute du Cameroun où existent beaucoup de Mont à plus de 3000 mètres pour s’amuser. Il reviendra l’année prochaine s’il n’est pas blessé.


Quant à moi je ne suis plus un « JOHNNY JUST COME » .Mais durant trois nuits j’ai souffert le martyr aux épaules et aux mollets : trop de coups de soleil ! 



                                                            Patrick R.




LE TRAIL DE GLAZIG  (by Shreck)


Mon aventure se déroule en Bretagne, entre Saint Brieuc et Paimpol, à Plourhan exactement. Un bord de mer magnifique.


Il s'agit du Trail Glazig avec 4 courses au programme (16 nocturne - 10 - 14 - 22 - 32km), au total près de 2 000 coureurs.




Mais avant toute chose, et surtout de raconter mon week-end cidre et crêpes, je tenais à féliciter notre cher Barthez qui a eu "le courage ou la folie" de se faire le 16 km de nuit et le 32 km du lendemain matin!! Une folie, quand on voit la difficulté du parcours!! Bravo à toi Barthez, je peux témoigner que tu n'as pas chaumé...


Le départ de la nocturne, était grandiose, avec de la musique classique à fond, des flambeaux rouges de partout!! C’était un départ digne des plus grandes courses nocturne! Et sur la droite de l'image, celui qui trifouille son chrono... et bien c'est Barthez toujours aux avants postes celui-là...

Quand à moi, je me suis fait le petit 22km (dommage un goût de trop peu) c'était une course superbe!! Un bon moyen de contrôler l'immigration en jouant les douaniers sur les côtes Bretonne!

           

Si on m'avait dit qu'un jour je courais sur des coquilles d'huîtres!!! Il faut donc garder la tête sur les épaules et ne surtout pas Plonger!!!



Je raconte donc mon 22 car je laisse à Barthez le plaisir de nous conter ses aventures Bretonne!

Le départ est donner à 9h22 précise car les horaires dépendent des marées...

Comme à mon habitude, je pars très vite... trop vite, non c'est bien sauf que rapidement je rattrape les derniers du 32 (seul petit inconvénient  de la course) car pour doubler dans des dévers, des descentes glissantes et des escaliers serrés c'est assez tendu! Tant pis un coup de coude et je passe...

Ah au fait si vous pesez plus de 100 kilos, cette course n'est pas pour vous!!

Car les petits escaliers taillés dans la roche qui vous remontent de la plage font à peine 50 centimètres de large...

A mi parcours, je devais atteindre un petit village charmant appelé BINIC je dis bien atteindre car pour arriver la haut, il a fallu en grimper des marches! Sur les hauteurs on peut voir le port sous un rayon de soleil...

Quelle belle récompense!

Et puis c'est la descente, on en fini plus de descendre... jusqu'au point zéro! D’ailleurs c'est ici que je laisse les coureurs du 32, au revoir Barthez snif snif!!!

Je prends donc une petite ouverture dans la roche qui me laisse apercevoir la plage "mince j'ai oublié mon maillot"

Les cabines de plages sur ma gauche et la mer qui est parti très très loin sur ma droite, je décide de couper tout droit sur ce sable encore mouillé, je ne vois pas beaucoup de traces... c'est bon signe pour moi ou très mauvais si je me suis paumé à marée basse! J’atteins enfin la pointe et là je crois rêver!

C’est de la roche noir complètement hachée couverte de coquillages! "Des chapeaux chinois"

Ça glisse,

Il faut s'aider des mains et jouer les équilibristes "allez c'est quand même une course, pas le temps de pêcher quelques crabes dans les retenues d'eau"... à ce moment précis, je ne vois plus personne, ni devant, ni derrière!! Mais ou est passé le gars qui était devant moi! Et oui, je vois un coureur qui essaye de s'échapper par un escalier de rocher complètement dissimulé dans les rochers...

Vu l'état, il doit être régulièrement sous la mer!!

Après cette ascension je recommence à courir sur le chemin des douaniers, c'est sauvage et superbe! J’hésite entre regarder le paysage ou mes pompes...

Le retour est tout aussi charmant, vous respirez une bonne odeur de vareck et de marée!!

(D’ailleurs à l'arrivée c'est des  plateaux de carpaccio de Saint-Jacques qui vous attendent) c'était une parenthèse car il me reste pas mal de kilomètres et beaucoup de surprises...

Et oui, vous allez de surprises en surprises! des descentes de viaduc à la verticale, des tourniquets en bois et toujours ce Yoyo des douaniers qui ne vous quitte jamais! Mais qu'est ce que c'est beau!!!

J’aperçois au loin une croix sur la pointe de la jetée... je fais un voeu et voilà que je m'envole, je fais des pas de géant, je me sens pousser des ailes dans le dos! Je remonte 10 coureurs avant l'arrivée...

Est-ce mon vœux ou bien le gel aux varechs que je viens d'avaler?

Je boucle quand même le parcours en 1h58 mn, je suis 25ème et maintenant que je suis vieux 7ème V1!!


Voilà voilà, maintenant, je n'ai plus qu'à me restaurer en attendant l'arrivée de ce pauvre Barthez ou ce chanceux Barthez!! car après 22 km de bonheur, je suis déçu de ne pas avoir continuer l'aventure plus longtemps... A l'année prochaine sur le 32 km bien sur...


J'attends également le récit de Barthez pour me faire ressentir de nouvelles sensations!! Bravo à toi...


Shrek


Les résultats : nocturne David Choupault = 34 ème - 1h08mn

                    32 km David = 147ème - 3h36mn (68ème sénior)

                    22 km Pascal = 25 ème - 1h58mn (7ème V1)




LE TRAIL D2B

Ce week end, j'ai décidé de faire une cure de Thalasso à Berck sur Mer!!
Sympa, la météo superbe dans Ch'Nord surtout en janvier! mais qui m'a vendu ce programme?
J'ai donc pris le départ du TrailD2B et je me suis amusé comme un fou dans le sable et les marais!!

Un petit trail, très difficile que j'ai pris un peu trop à la légère... tu parles 30km
Shrek va en faire qu'une bouchée!

En effet 30km sur la plage du Touquet à Berck! sur le papier, c'est sympa...
Comme pour les motos, départ à fond sur la plage! chacun cherche sa trace, la trace idéale ou tu vas t'enfoncer le moins et éviter les flaques... Je choisis donc un banc de coquillages (couteaux et coques... C'est sympa, ça croustille sous les pompes) je cours donc dans un bon peloton escorté par les mouettes et les chars à voile, c'est super la mer à perte de vue, une plage gigantesque! j'essaie d'apercevoir désespérément l'Angleterre......désespérément

Bref pas le temps de rire, 2 à 3 km de plage et c'est déjà le goulet! ah voilà les dunes du Touquet, maintenant tu ne t'enfonces plus de 5cm mais plutôt de 10-20 cm! et tu fais des montagnes russes sur la côte d'opale. Des dunes, qui a dit dunes, il y a bien 3 grimpettes ou une corde m'aurait fait plaisir (tu grimpes de 2 pas, et tu redescends d'1) J'aperçois maintenant une fille devant moi, ça ne va pas se passer comme ça, c'est qui cette Nana qui fonce dans le sable!! pas fier pour deux sous, voilà le Shrek qui accélère pour la rattraper, un rapide coup d'oeil sur le dossard (ah c'est une 15 km) mais bon elle m'a bien cramé cette fille... Encore une erreur de jeunesse!
Un petit retour sur la plage histoire d'être escorté par les quads et les 4x4 de l'organisation!
tu es presque une star, il y a des caméramans et des photographes qui sont là pour toi...

A mi course, tout va bien bien pour moi, 1h10, je suis dans les 20 premiers, mais voilà que les marais font leurs apparitions (marécages tant adorés par Shrek) et bien non pas là, je sens mes pieds qui se recroquevillent car l'eau est vraiment gelée et d'un beau noir d'encre! je sens que ça monte par moment jusqu'aux genoux!! sympathique, et pour l'odeur, je ne m'en souviens plus... du moins si à la fin quand tu retires tes chaussettes "c'est un détail"

Après avoir pas mal pataugé dans l'eau, un retour idéale dans un grand bac à sable... Je me demande pourquoi je dépense autant d'argent dans des chaussures de trail, on dirait des vieux "poissons panés" Bon allez, on est pas là quand même pour se plaindre...

Je crois que le chaud froid répété mais un peu ralenti dans mes ardeurs et ma progression...
C'est sur, je ne ferais pas une bonne place sur ce trail! je peine... allez hop un gel... Allez hop un deuxième 2 km plus loin!! Je ne dois pas avoir la même marque que Ludo et Peter Pan!
Encore un petit coucou sur la plage! là, j'ai mal choisi ma trace, je glisse sur un rocher couvert d'algues vertes! le sol qui me paraissait si mou depuis le début me parut dur tout d'un coup!!
Un petit passage dans l'eau de mer cette fois ci ! Super, qu'est ce qu'elle est bonne, elle doit être au moins à 5°...
Bon je vois Berck au loin, c'est bientôt fini! je vois à mon GPS 28km c'est bon! je demande quand même par sécurité à un bénévole! "Encore 4 avec un grand sourire" lui si je le revois, il ne finit pas l'année... encore de la flotte, de la boue des marécages... je ne sais pas comment fait l'organisateur, mais trois cents mètres avant la ligne d'arrivée (un grand gymnase Omnisports) et bien tu traînes encore tes pompes dans la boue............

Bilan de ce week end en Thalasso 2h45mn - 68è au scratch - 25è VT maintenant que suis vieux!
Je ne cours pas depuis longtemps mais là, j'avoue que je suis tombé sur un os!!

Je recommande cette petite course nature à tous les coureurs qui veulent un peu de souvenir!
Pas cher, une veste technique aux 500 premiers!!
Parole de Shrek qui n'aime plus les marécages (du moins cette semaine)

Ils sont fous ces Ch'tis


A+ Shrek






Trail du loup blanc (Guéret) par Peter Pan


Blanc. Blanc. Tout est blanc. Paysage immaculé et insolite, on se croirait dans un cumulonimbus. Et il fait froid, plutôt non : ça gèle! Le vent s'en mêle, si bien qu'on ne sait même plus où se mettre sur la ligne de départ. Où est-elle d'ailleurs ? Il n'y a rien de tracé. Tout ce que je sais c'est que maintenant, il n'y a plus de moyen de faire marche arrière, tout au plus il faut trouver le bon accoutrement pour se lancer dans le nuage.


Flashback. La veille, avant de partir, j'ai appelé le Président Bioman pour prendre des nouvelles de RSA. Il aurait pu me dissuader d'y aller en tant que personne responsable. Non je rigole! Bioman ?? Dissuader quelqu'un ?? Ce n'est qu'un 36 km et même pas de nuit, non mais tu rigoles ? Finalement, je suis parti avec la Reine en espérant que les routes ne soient pas enneigées. Arrivés à destination dans le fin fond de la Creuse, la recherche d'une pizzeria s'avéra cocasse. Pas un chat dans Guéret. Ils sont tous couchés ? Finalement, nous trouvons la gargote à qui nous avons dû assurer la moitié de son chiffre d'affaires de la soirée. Un plat de pâtes plus tard, direction l'hôtel au chaud car vraiment on se gèle dans ce pays !


Ca y est, l'organisateur arrive sur le départ. Celui-ci a été décalé d'un quart d'heure en espérant que les conditions s'améliorent. Tu parles! Vivement qu'on bouge car ce n'est plus tenable. Après avoir troqué le cuissard contre le collant, je me pose la question d'ajouter une veste supplémentaire, puis renonce en me disant que je vais bien finir par me réchauffer en courant. Voyant les conditions, la Reine a renoncé à prendre le départ du petit trail de 13 km prévu deux heures plus tard et apparemment ce n'est pas la seule. Bref, on n'est plus qu'une petite centaine à attendre l'ordre salvateur du starter. Ce dernier nous annonce que le parcours est réduit de 3 km. La belle affaire! Un retardataire arrive en courant, il est en short le fou! Le starter s'en amuse : « Mais d'où il sort celui-là ? ». Au moins, il a bien amusé la meute d'esquimaux prête à s'élancer.


C'est parti. Les pieds sont déjà gelés, le corps aussi. Je vois une quinzaine de coureurs partir comme des dingues. Attends, c'est un 1500 m ou quoi ?? On m'aurait menti ? Je m'inquiète un peu car je n'ai pas de sensation. Un coup d'oeil au GPS : 12 km/h. Avec cette neige au sol, j'ai l'impression d'être à fond. Maintenant, ça monte, ça glisse, on ne voit rien en dessous, les rochers, les congères, les chevilles partent dans tous les sens. Ca sent l'entorse. Gardons notre calme et laissons passer l'orage.


La première longue montée est terminée, maintenant il faut passer entre les arbres couverts de neige et affronter les nombreuses bosses complètement blanchies. Je suis à peine réchauffé et bing, un tas de neige tombant d'une branche vient se déposer délicatement dans mon cou. Ahhhhh j'en ai marre. Allez une petite pastille de sucre pour se remonter le moral. Merci Bioman pour m'avoir donné l'astuce des pastilles dans un tube, c'est bien pratique en effet. Kilomètre 10 : ça y est je n'ai plus froid. J'aperçois le ravitaillement et les deux premiers coureurs que je suis à distance depuis quelques kilomètres. Un verre d'eau glacé, c'est tout ce qu'il y a ? Je ne m'attarde pas. Les deux premiers avancent comme des cabris. Je me dit qu'il faut assurer le podium mais franchement l'arrivée est encore loin.


Les paysages sont superbes mais tout est froid, il ne manque plus que d'écouter le « Voyage d'hiver » de Schubert et on s'y croirait. Arrêtons la déprime poétique et essayons de positiver. Deux gels énergétiques plus tard, je reviens sur le deuxième coureur, il semble à la peine dans les nombreuses montées du parcours. Un petit calcul dans ma tête : il faudra au moins 3 heures pour boucler les 33 km et on en est même pas à 1h45. Il faut gérer car le premier est déjà loin et derrière je ne vois plus personne. Mon nouveau compagnon de route finit par piocher terriblement et marche de plus en plus dans les raidillons. Il me lance un « passe devant » révélateur. Je crois qu'il est cuit. Je passe. Mince! une longue descente arrive, il va revenir car je suis beaucoup moins à l'aise que lui dans le dérapage contrôlé. Non, il est vraiment à bout car il n'arrive même plus à descendre. Comme si nous étions en manque de sensations, quelques difficultés techniques supplémentaires viennent  sympathiquement égayer notre parcours : une petite corde pour un saut en rappel, des ruisseaux proches de zero degré qu'il faut sauter sous peine d'avoir les pieds trempés. Heureusement, pas besoin de se prendre pour Bob Beamon, c'est encore abordable, et hop on évite la baignade!


Second et dernier ravitaillement. Un ptit verre d'eau ? Merci ça ira ! J'entends un « Allez, le plus dur est fait ! » de la part d'un bénévole. J'aimerais bien car je crois en fait que le plus dur reste à venir et les 10 derniers kilomètres vont être une véritable inconnue. Je n'ai jamais couru plus de 2h40 et jamais dans ces conditions. Et c'est là que le miracle arrive petit à petit : la sensation de fatigue s'estompe au profit d'un état second. On éprouverait même du plaisir. Tous des masochistes ces coureurs! Je n'ai plus froid, je suis fatigué mais le rythme reste le même, j'ai même envie d'accélérer dans les descentes. Il y a toujours autant de neige mais le paysage est de plus en plus beau. Je dérape sans cesse mais je m'en fiche puisque ça avance toujours. Aie, encore une montée mais ce coup ci je ne vois que de l'eau sous une fine couche de glace. Pas grave, je vais essayer de passer sur les côtés. Que nenni! Il n'y a pas de place. Plutôt que d'essayer d'imiter le champion olympique de Mexico, il faut se résoudre à l'impensable : mettre les pieds là où il y a de la place. Crac! la fine couche de glace cède sous le poids léger de Peter Pan (qui fait pourtant des jaloux au sein de la communauté rambolitaine). S'en suit une délicieuse sensation à mi chemin entre faire ses courses chez Picard ou séjourner dans les entrepôts de viande à Rungis.


Allez, plus que 6 à 7 km. Je mets un dernier gel dans mon gant prêt à l'emploi si jamais je pète une durite dans les dernières montées. Au croisement d'une des rares routes, un aiguilleur m'indique que le premier est à 30 secondes. Quoi ? Seulement 30 secondes ? Ca ne me paraît pas possible car je ne l'ai plus vu depuis 10 km. Effectivement, un lacet de chemin plus loin, je l'aperçois. Il se retourne. Ni une ni deux, j'avale goulument le gel de la dernière chance et comme c'est vraiment pas très savoureux à ce moment de la course je me baisse pour prendre une poignée de neige que je mets dans ma bouche pour faire passer le tout. Vraiment n'importe quoi! En moins d'une minute j'arrive à sa hauteur. Je ne comprends pas bien, c'est vraiment le premier ou un coureur du 13 km avec qui nous devions terminer le parcours ? Non c'est lui. Bon ben « ya plus qu'à ».


La fin est à la fois un grand moment et un calvaire. Avant la course, sur le plan du parcours, j'avais bien vu qu'il y avait une longue descente mais je ne pensais pas avoir besoin d'une licence sportive en slalom spécial. Quatre chutes mémorables dont une la tête la première dans un mélange neige-soupe délicieux. Les piquets de slalom, heu je veux dire les arbres, étaient de plus en plus serrés et le sol de plus en plus accidenté. Un cauchemar. Je ne suis pas Ingemar Stenmark à Cortina d'Ampezzo! Marre de la neige et de la soupe! J'ai même perdu le reste de mon ravitaillement dans les chutes, de toute façon ça ne sert plus à rien. Un coureur du 13 km me suit et me met la pression à chaque fois que je tombe. Finalement, il est bien sympa car il m'encourage. On dirait qu'il a pitié. Ca se termine. Plus que la longue montée vers le gymnase où a lieu l'arrivée : dix mètres en indoor, le rêve, on ne glisse pas enfin! La ligne est franchie. Ouf! A la table de ravitaillement une gentille bénévole me tend un gobelet avec un large sourire « Une petite soupe ? ».


Peter Pan


RUN AND BIKE A POLYTECHNIQUE


Salut les sportifs,


P'tit récit de mon premier run and bike avec mon pote Christophe B.

L'épreuve se déroulait à Palaiseau, plus exactement au campus de l'école polytechnique. Ouais, j'pourrais dire à mes enfants plus tard, j'suis allé à polytechnique !

Heure d'arrivée, 10h00.

Le vent, la pluie nous attendaient wouahhh ! "qu'est-ce qu'on fout là". Le retrait des dossards est laborieux, faute au temps qui perturbe l'organisation. Nous constatons que certaines personne ont des casques....ohoh Christophe flaire la tuile. Le retour à la voiture confirme notre inquiétude... ILS ETAIENT TOUS AVEC DES CASQUES...Nous décidons d'aller voir les organisateurs. La réponse est sans appelle pas de casque pas de course. Heureusement, la solidarité était au rendez-vous, nous voilà munis de 2 casques !
Passé ce petit moment de solitude, nous rentrons dans notre course!
Nous pouvons maintenant nous concentrer sur nos relais, le cycliste descend, maintient le vélo en courant, le coureur attrape la selle et prend le relais. La transition est fluide, nous voilà opérationnels !

Le départ.
Les VTT partent 30 secondes avant les coureurs. Christophe s'y colle, départ rapide au bout de 500 mètres les vététistes lachent leurs vélos sur le bas coté sans s'occuper du coureur, Christophe est surpris.
Dans le même temps, je me lance comme sur le départ d'un cross court , à fond les manettes, j'suis dans mon élément, je rattrape les premiers VTT. Premier virage en épingle, je vire dans les 5. Là, face à moi, une orde de VTT, je constate qu'ils sont sauvagements abandonnés sur le bord de la route.
Notre premier passage est fluide. Malgré tout, je décide rapidement d'imiter le reste des coureurs, je dépose le vélo contre un arbre, Christophe enchaîne, la course est lancée.

Le parcours est constitué de 3 boucles nature de 5 km. La pluie annonçait un terrain gras, nous sommes gatés. La boue est au rendez-vous, la découverte continue. Les virages s'enchaînnent, il nous faut relancer sans cesse. Chaque tour se solde par un passage devant des arbitres. La règle nous oblige à passer équipiers ensemble, le vététiste une main sur l'épaule du coureur, sans ces deux obligations l'équipe est stoppée un certains temps.

1er tour en 21 mn.

Très vite, notre manque de technique sur le vélo nous contraint à finalement revenir sur notre passage de relais initial. Et oui, avec la boue le vététiste peine à remonter sur le coureur. Nous optons sur des fractions de 1 mn chacun et restons au contact de triathlètes de Torcy, Yerre, Palaiseau.

2ème tour en 21 mn.

Nous sommes réguliers, les autres équipes continues de poser les vélos sur le bas coté, les coureurs les récupèrent, produisent un effort violent sur le vélo et remontent sur le coureur. A l'entame de ce dernier tour, 3 - 4 équipes prennent le large, impossible de rester au contact, le rythme s'accélère. Suite aux passages des 122 équipes, le terrain devient très glissant, les virages sont pris pratiquement à l'arrêt. L'arrivée approche, encore une dernière bute, un passage en dévers, je laisse le soin à Christophe de le passer en vélo et lui lance " Je finis le parcours en courant". Passage de la ligne, nous sommes quittes pour un 1'02"30 et une 22 ème place.

Première impression à chaud : "on a merdé sur nos passages de relais, trop lents !"
Deuxième "Nouvelles sensations, faut qu'on recommence"
Troisième "En rentrant on regarde le calendrier 2010 des run and bike"

@ + bande de sportifs et bravo à nos marathoniens !

Barthez.


1ère PARTIE


NEW YORK  Marathon 2009 ; 40 ème Edition BY PAT L'AFRICAIN



Résumé des épisodes précédents :


Les Hollandais achètent l’île de ManHattan pour 24 $ d’aujourd’hui à une tribu indienne.

Ce n’est pas une bonne affaire, car ce n’est pas la bonne tribu !

S’en suivent chamailleries entre ‘’freakés ‘’ et ‘’plumés’’ sur les cours des peaux de castors de chaque côtés de la palissade.

Les Anglais mettent tout le monde d’accord sur le nom de la palissade = WALL STREET.


Quelques temps plus tard les « Street » ont des numéros à la place des noms et de beaux rubans de macadam se déroulent entre des maisonnettes assez hautes…

L’une des « Street » traverse toute l’île et s’appelle ‘’chemin de traverse’’ (BROADWAY en langage autochtone).

Les autochtones aiment bien s’amuser sur ces rubans de macadam. Certains y courent pour
1 rien.

D’autres groupes ethniques arrivent tels les RSA, dont le clan des ‘’G’’ en l’An 2008 (Véro & Pascal).


Welcome pour l’épisode de l’An 2009 :


Les Pélerins veulent y être toujours plus nombreux et dépasser les 40 000 finishers : ils vont y « Arrivée ».

The Show must go on.

Le spectacle commence donc …la veille avec la course de la Paix. Immense patchwork de toutes les Nations ‘’ qui-par-courent  ‘’ les Avenues, bannières au vent.

Pour d’obscures raisons Pat l’Af  (de la tribu des RSA) y participe … en car de touristes !


Le lendemain pour la 2ème course le départ est retardé d’une heure : c’est marrant de changer d’heure, on dort plus tard. Sauf pour les RSA venus de l’autre côté du «Grand Fleuve », et qui se réveille toujours à 5 h…


Au matin il fait frisquet : la Gouroute Cendrilon avait briefé Pat l’Af.

Mais heureusement les Autochtones ont  tout prévu. Près de 50 000 Marathoniens, des embouteillages, et un car surchauffé : je me retrouve en débardeur, affalé sur ma banquette à 70 minutes du départ.

Et comme là-bas l’air est marin,  je fais parti de la première vague...

Mais l’extase m’attend au pied d’un petit  pont : le Verrazano, presque 2 Kms de macadam.


Il y règne avant la bataille (et après celle du sas) une ambiance studieuse sur chacune des voies et sur chacun des niveaux du pont. J’aperçois même sur la voie d’à côté Phil Rémond (de la tribu des Vieux Champions).

Le pont est trop petiot pour être un pont-levis(…) mais on prend plein la gaufre après le coup de canon.

Le mythe est là.

La magie opère.

On court entre ciel et mer.

Autour de moi,  sur le Verrazano Bridge, que des immigrants, pas d’autochtones, et beaucoup d’émotions.

On est là, ici et maintenant, après 18 mois d’attente. Et enfin c’est parti…


Mais pas trop vite ! On déguste… Pas trop de monde.

Et on déguste car y’a du vent et çà monte !

Heureusement  je n’ai pas d’appareil photo car il y a tant (temps ?) d’images qui défilent autour des marathoniens fêtés comme des héros par les New-yorkais. Une idée germe en moi : et si je le faisais le plus vite possible ?


A SUIVRE.



2ème PARTIE (suite et fin)


Après Marathon in the sky, nous atterrissons sur le macadam ferme à Brooklyn où plus de la moitié du parcours s’y court. Des avenues à 8 voies. 8 kilos de ligne droite.

Les alizés en pleine poire. Ici çà souffle dans le sens des rues ou des avenues. No chance today, c’est dans le sens des avenues : rafraîchissant !

Et pendant les 3/4 du parcours : le bonheur !

J’espère que la bise ne va pas tourner pour le dernier  quart : Espoir…


Brooklyn avec ses quartiers aux communautés venues du monde entier, moins bling bling que son illustre voisin Manhattan.

Brooklyn c’est l’Italie, puis c’est l’Afrique, puis l’Inde, puis le Moyen-Orient… Partout on y est encouragé même dans les quartiers très chic so british ou cossus made in USA où les rues sont moins larges et moins longues.

Bref, Brooklyn c’est l’Amérique !

Puis c’est le quartier noir, les orchestres sont sympas. Puis on traverse le quartier des Juifs Orthodoxes. Plus de musique, plus de bruit, et les hommes adultes ont un beau chapeau et 2 belles nattes jusqu’à chaque épaule. C’est à peine si ce petit monde regarde suer les dingues qui avancent en running.

La tribu à laquelle j’appartiens ne me permet pas de distinguer la subtilité des quartiers Coréens ou Pakistanais. Mais partout toujours la même ferveur et des drapeaux de tout plein de tribus !

Dans un secteur très mexicain j’entends même mon premier « Allez Rambouillet ! »

Sorry je n’ai pas encore le new « maillot vert  ».


Bref les miles passent comme ça, en touriste. Je veille surtout, en mauvais client, à picoler sans bavarder, et à ralentir quand les spectateurs crient trop fort !

Mon petit moteur n’est pas un Ford Mustang, et il se dit que la suite « c’est pas le Pérou »…


En effet les ponts reviennent, sa casse l’ambiance : plus rien que le bruit de nos pompes qui martèlent le macadam.

Ca casse tout court aussi, le rythme et les jambes.


15e mile : 1h55’50’’. Toujours en avance sur mes temps de passage, mais de 40’’ désormais.

16e mile : 2h04’12’’. Toujours en avance de 15’’ seulement.

« M… » encore 16 kilos et ça maigrit déjà…

Je me console : il ne reste même pas la distance de la Route des 4 Châteaux.

Et surtout je viens de passer l’une des difficultés du parcours : le Queensboro Bridge qui monte pendant une borne. A l’horizon, aussi loin que portent mes yeux, je ne vois que des coureurs dans « l’ascension ». Alors j’ai regardé mes chaussures, et j’ai attendu que ça se passe.

Autour de moi ça souffre aussi, certains veulent en finir et accélèrent, erreur fatale : le pire est à venir…




Quand le pont redescend (!) attention les yeux et les oreilles. C’est du délire.

Un grand virage en boucle pour déboucher sur une avenue méga-large où un mince filet de coureurs me précèdent en file indienne(…) jusqu’à l’horizon : c’est la 1ère Av. de Manhattan.

La foule, les cris, les drapeaux : émotions garanties. A vivre pleinement.

It’s good to be a hero.

Avec cette ambiance chaude, je me prends à haranguer la foule sur ce boulevard.

Succès garanti : la foule crie pour moi.

Il faut dire que le RSA à ses peintures de guerre tricolore sur les joues et le long des épaules. 2e « Allez Rambouillet ». Frissons.

17e mile : 2h12’19’’, je savais que je ne battrais aucun kenyan…

18e mile ou 26e mile c’est pareil, ou « de plus en plus pire ».Je ne me rappelle plus très bien.

Le Bronx ? Furtif.

Harlem ? Pas vu !

Mais les jambes qui durcissent  j’ai senti.

Les secondes qui se perdent  j’ai vu !

Et encore des ponts, et une grosse côte, un très long faux plat, redoutable, le point crucial du marathon : la 5e Avenue avant l’entrée dans Central Park.


C’est là que Paula a lâché ;

C’est après que Christelle Daunay a craqué ;

C’est  ici que Keflezighi a construit sa victoire ;

C’est là que je vais…souffrir.


Je m’accroche à tout ce qui court mieux que moi. Un italien me passe avec un bon tempo. Mais le drôle craque subitement un peu plus loin, sa tête a lâché, il marche et m’abandonne.

Les bons métronomes sont rares à rencontrer, c’est pourtant maintenant qu’ils sont précieux.

Certains « vieux » ou certaines féminines peuvent ‘’ faire l’affaire’’.

J’avoue que j’ai une préférence pour le ‘’back’’ des secondes…


Ah ! Les secondes, je les lâche les unes après les autres mais avec parcimonie car je tiens à mon chrono !

Go Home Pat ! Je voie  l’Empire State Building au loin. Je positive.

Je souffre.

Il reste 2 miles = 2 x 1609 m. A l’entraînement c’est « cookies ». Ici c’est l’enfer.

L’enfer  vert : je rentre dans Central Park.


Le ruban de macadam se met à serpenter. Il monte. Il descend. A sa lisière une foule compacte et plus ou hystérique l’accompagne.

J’entends « vas’ y Rambouillet » pour la troisième fois. Mes yeux se mouillent, moitié souffrances mi émotions.

J’accélère encore dans les descentes : Pascal G. m’avait dit de me dépêcher sinon t’as plus d’eau chaude à l’hôtel !

L’homme-vert s’y connait en course nature. Central Park a ses superbes teintes d’automne, mais mes yeux sont rivés sur les coureurs que je rejoins un à un, ou les coureuses que j’accroche avant…de les semer. Quelques rares fusées passent aussi à côté de moi.


40e kilo. Reste 1x2000 à ma séance du jour, mais la piste est bizarre ici, un vrai toboggan. Et çà crie autour. Je fais l’impasse pour la 1ère fois sur le ravito : plus le temps de m’accouder au comptoir.


25e mile, encore 1. Je déguste comme jamais, çà remonte. Merci Marvejols-Mende, j’accélère en haut de la bosse. Ils ne le disent pas dans la presse : çà /\ /\/\ /\/\...à la fin !

J’avais reconnu l’arrivée : c’est en haut, pas en bas…de la dernière /\

Roumanoff ( ânne-comic’s tribu ) a raison : on  NOUS  dit  PATOU.


26e mile, SUPER, reste 0,2 mile donc, donc… Shit j’ai oublié ma calculette.

La foule  acclame ‘’grave’’ ma nouvelle tribu : les ‘’dossards vers l’arrivée’’.

Je descends c’est pas là. Je monte…mais je redescends : c’est pas encore là. Les panneaux en yard ne me font plus rire. Cà remonte, je reconnais le virage : OUI ! C’est là-haut la petite arrivée du marathon des Autochtones, pas plus large que la rue piétonne de Rambouillet !

Un mec veut me dépasser. Deux fois. Je le cloue au sol par deux fois et je vole le premier vers le Paradis où ma souffrance s’arrête juste après le poteau de la ligne d’arrivée.

J’ai été au bout avec mes jambes et mes tripes. Vidé.


Ce stop salvateur me coûtera 50’’, l’écart entre mon chrono et leur nouvelle puce, sans doute réglée sur le second tapis ?

Mais je tiens mon Everest justement de 50’’ ( 3h26’14’’ perso Paris 2006).

50’’après 3Heures et demie : le chat est maigre… Mais cette poignée de secondes change tout. Les multiples félicitations me touchent encore davantage.


Emmitouflé dans ma couverture de survie estampillée ING Marathon NY, les félicitations et les regards admirateurs pleuvent sur moi, et sur les quelques autres emmitouflés qui fendent la foule de Manhattan. It’s good to be a hero.


Je retrouve ma moitié qui m’a tant (temps ?) aidé dans la cohue new yorkaise : We did it !...


Pat l’Af, 1 RSA




11.07.10 (attention les autochtones inversent) NEXT STORY. You can do it !



Les 100 km de Millau racontés par Sylvain Bazin, journaliste sportif.


100 kms de Millau


Certes la récup' après l'ascencion du Mont Blanc était un peu juste, mais je tenais à continuer mon petit défi de la semaine en participant pour la première fois, comme prévu, aux 100kms de Millau. Une épreuve dont j'ai si souvent entendu parler depuis que je cours... Le temps donc de repasser par la case Boutigny et nous voilà, Christophe Vatinel, mon accompagnateur vélo-coach du jour, sur les routes millavoises.
Dès avant le départ, par le kilomètre "en procession" accompli par le peloton, on sent qu'on est dans une course pas tout à fait comme les autres, où règne une sympathique tradition. On repense aux années spiridon et aux glorieux pionniers du grand fond qui se sont illustrés ici. Nous avions d'ailleurs rendu visite à l'un d'entre eux, Serge Cottereau, la veille.
Les quelques petites séquelles que je ressens encore dans les quadriceps m'inquiètent un peu mais m'empêchent sans doute de partir trop vite, même si j'adopte un bon rythme, me retrouvant rapidemement au sein d'un groupe bien sympathique composé de Ludovic Dilmi, accompagné à vélo par Sylvain Mouquet, de Mohamed El Yacoubi, avec qui j'avais beaucoup couru lors de la trans'aq en 2007, du très bon marathonien Pascal Campet et de mon ami savoyard Patrice Braems. Nous papotons, admirons le paysage et savourons ce parcours valloné qui serpente entre causses, rivières et petits villages préservés.
Un peu plus loin, nous nous retrouvons seuls avec Ludo et Christophe qui a décidé de m'accompagner en courant et en jouant les porteurs d'eau sur cette première boucle. La température monte tranquillement en cette fin de matinée où le soleil se montre, décidément, bien généreux. La route est déjà plus pentue à certains endroits, je me méfie un peu de mes quadriceps mais ça m'a l'air d'aller bien; nous sommes sur un rythme d'environ 8h, c'est raisonable au vu du profil et du climat.
Le retour vers Millau se passe bien, même si des zones découvertes me font penser que l'après midi sera bien chaude. Je lâche provisoirement Ludo et me fait rattrapper par Brigitte Bec, la première féminine, qui me semble aller bien vite et donner beaucoup (mais elle finira sur ce tempo!). Je passe au marathon en 3h18, tout va bien, l'ambiance dans le centre ville nous regonfle encore plus pour aborder cette fameuse deuxième partie et ses longues côtes: il reste quand même 60 bornes!
Christophe a cette fois chevauché son vélo et pris l'appareil photo pour faire de belles images... Nous continuons de concert, lui m'abreuvant régulièrement (je n'ai pas à me préoccuper du ravito, quel confort) et me conseillant sur le rythme, la foulée, moi répondant comme je peux. Nous parlons aussi du paysage, d'autres choses, les kilomètres défilent bien.
Dans la côte qui nous mène sous le fameux (et impressionant) viaduc de Millau, je souffre un peu, temporise et laisse partir Ludo et Jean-Baptiste Welte, futur 3e de l'épreuve, capable lui d'accélérations plutôt impressionantes. Je me refais un peu dans la descente et parvient à conserver un rythme bien régulier ensuite le long de la route. La côte de Tiergues, avant Saint Afrique, est bien longue et difficile, mais régulière. Je la monte au train. De bonnes zones d'ombres permettent aussi de ne pas être en totale surchauffe.
Saint-Afrique marque le 70e kilomètre: il faut maintenant revenir sur nos pas, et prendre les côtes, donc, dans le sens inverse...a priori cela semble un peu moins dur par là mais la fatigue est là et ça continue de chauffer sur le bitume. Ce qui est vraiment très sympa ce sont les encouragements et les saluts que l'on se fait de part et d'autres de la route entre ceux qui termine l'aller et ceux qui entament le retour. Je croise ainsi pas mal de connaissances aussi, c'est bien sympa. Anne-Cécile Fontaine et un autre coureur me dépassent, mais je rattrappe aussi quelques coureurs, dont Ludo, victime de la chaleur, dont pour une fois je n'ai pas eu trop à me plaindre (peut-être à cause du nouveau maillot et collant skins tout blanc censé compresser mais aussi rafraîchir... ça semble efficace, au-delà du look peu banal que ça me donne. Question équipement c'était d'ailleurs parfait aussi niveau chaussures avec les racer st. , vraiment adpatées à ce type d'effort. J'occupe un moment la 6e place et tout va bien jusque finalement la dernière descente et le 95e kilomètre, où là j'ai vraiment trop mal aux jambes (surtout la gauche, je ne sais pas pourquoi)et je cale complètement. Je perds quelques places mais termine tout de même bien content en 15e position et sous les 9h, pas si mal dans ces conditions, 8h57'. Quelle semaine et encore quels instants, le tout partagés avec d'excellents amis. La présence de Christophe a bien entendu était une aide très appréciée...
Je suis bien cuit à l'arrivée et m'affale sur la première chaise venue. Nous attendons tranquillement, avec Christophe, l'arrivée de Ludo, qui a tout de même relié l'arrivée, puis celle de Valérie Erceau, auteure d'une très belle course et escortée comme il se doit par son mari Christophe, pour une fois hors course. Nous recroisons aussi Pasacal Campet, qui décidément a bien du mal avec ces 100kms (abandon) et Jean-Baptiste , heureux 3e.
L'heure de la récup' a sonné, tandis que de très nombreux coureurs arpentent encore la route entre Saint Afrique et Millau...


SIERRE-ZINAL, c'est quoi ?

Sierre est une ville au bord du Rhône dans le Valais en Suisse, et Zinal est un village de montagne. Tout près du Weisshorn (4500 et du mûesli)et non loin du Cervin (le Toblerone...).


Sierre-Zinal est la doyenne des Courses de Montagne (1974).
A l'époque, le marathon inspirait la crainte... alors partir courir 31 KMS en haute montagne... il fallait être un peu suisse !
A l'époque, vous étiez interdites de marathon Mesdames, et même de macadam Mesdemoiselles !
Mais pas de Sierre-Zinal !
D'emblée la course est mixte et internationnale.
Hier comme aujourd'hui les HOP! HOP! HOP! des suisses s'adressent autant aux continentaux, qu'aux américains, colombiens, néo-zeds et autres mexicains. Mêmes les Africaines et les Africains s'y sont essayés avec réussite.

Le profil c'est..."attention à la marche" (1500 de D+ en 7 kms !)
Puis à la fin c'est "terminus tout le monde descend" (450 de D- en 2 kms...)
Au milieu ? Une vingtaine de bornes à 2000 m d'altitude.



Aujourd'hui, Sierre-Zinal est devenue courte avec ses 31 kms.
Mais il y règne toujours un respect, une ambiance et une authenticité qui lui permet de garder son âme et son attrait. (support des premiers Mondiaux de montagne longue distance en 2004).
La course résiste bien à la concurence grâce à sa "fondue" faite d'éthique à la neige éternelle !
Et comme les suisses sont des marrants, les "populaires" qui ont peur des "élites" peuvent prendre le départ plus tôt à 5h du mat' en catégorie "Touristes"!!!

Côté Elites, à par moi en week-end aoûtien et Kilian JORNET venu s'échauffer avant l'UTMB, encore un plateau riche et varié de plusieurs continents.
A 9h, il fait déjâ chaud au bord du Rhône mais l'ascenseur Sierre-Zinal nous fait vite prendre de l'altitude.
Sortis des forêts, on respire mieux.
Même si l'Oxygène se raréfie au delà de 2000 000 00 m (sic) on prend 1 bon bol d'air.
Et plein les yeux.Devant :les 4000, et derrière: les vallées.
Pas de neige cette année.
Devant les Ethiopiens tracent et sont les premiers à mi-parcours.
Bientôt les Suisses, en locaux avisés, passent à l'offensive.
Mais ils seront tous mis d'accord bien avant la descente par l'Extraterrestre Kilian JORNET.
L'Espagnol prend la tête avant le plus haut (2425 m) et dévale vers Zinal dès 11h30.
Derrière, loin derrière, Patrick l'africain a un peu chaud (sic) et pas trop les jambes :donc je fais la course à ma main...

Comme me glisse un suisse qui me dépasse dans les 2 kilomètres de pierriers: cet itinéraire n'est pas courant !
Je fini aussi de plonger vers Zinal que j'atteinds après 4h28' de rando-course, dont 3/4 minutes perdues à chercher mes lunettes dans les alpages herbeux.
Glissades obligent, je comprends que certains soient "remontés" contre cette descente à 30%.


Modeste 539ème sur 1000(!) Elites, je m'endors le soir en repensant à la lumière cristalline distlilée par les sommets, bercé par les tintements des vaches et des clochers.


                                                      Patrick l'africain
                                                   



SUR LES ROUTES DU GEANT DE PROVENCE : LE MONT VENTOUX


« Le miroir des aigles » culmine à 1912 mètres comme un pic majestueux dans la plaine vauclusienne. Le « mont chauve » impose sa splendeur sur le Lubéron, les Alpes de Hautes Provence et le plateau d’Albion. Très remarquable avec ces pierrailles blanches donnant un faux air de neige éternelle, le Mont Ventoux vous nargue à des dizaines de kilomètres.


J’y pensais de plus en plus. A pied ? Trop loin depuis La Fontaine des Vaucluses. En vélo ? Pas de location possible aux alentours. Au Village de Sault, en pleine fête de la lavande, le Mont Ventoux semblait plus près, mais il y avait encore beaucoup trop de distance. Étudiant la carte routière et pédestre dans tous les sens, calculant les itinéraires, je me décidais à faire une petite reconnaissance vers la piste GR la plus directe. Le soir à 20h30 je lace mes chaussures et reviens en jogging vers le village depuis le camping ou nous avons décidé de poser les valises pour 1 jour ou 2. Le GR4 semblait bien le sentier qui permettait de raccourcir la distance d’une bonne dizaine de kilomètres, voire plus. Alors que je parcourais la route vers la rencontre de ce chemin de grande randonnée, je suis stoppé net par un molosse qui sort d’une propriété et qui ne laisse aucun doute sur la possibilité d’aller outre. J’hésite, mais les aboiements et la taille de la « bestiole » ont raison d’une témérité de quelques secondes. De retour au camping et en observant de nouveau la carte, je suis bien obligé de me rendre compte que la route du GR 4 m’est définitivement fermée. Rattrapé le GR plus loin ajoute encore de la distance. Il ne reste plus qu’une voie possible, la RD 164. Dommage qu’avec des paysages si beau, il faille devoir suivre une route goudronnée. Cependant, la carte insuffisamment précise ne me permets pas d’être certain de mon itinéraire. Vu la distance à parcourir, une idée s’impose progressivement. Prendre la route du Mont Ventoux, s’en approcher le plus possible, admirer le site et m’en retourner. Il s’agira d’une sortie longue somme toute agréable. Le lendemain matin par un dimanche provençal des plus ensoleillés, je finis ma petite préparation avant de partir à 8h00 pétante. Préparation car habituellement je coure en sortie longue sans eau ni ravitaillement. Mais là, exceptionnellement je m’autorise ½ litre d’eau sucrée en sirop de menthe réparti sur 4 petites gourdes attachés à une ceinture de jogging. Les 33° degrés annoncés ne me permettront pas de tenir sans apport hydrique et sans un peu de glucose. Néanmoins je préfère partir a jeun. Le temps de prendre un petit déjeuner me ferait perdre trop de temps et donc subir davantage la chaleur.

La fraicheur matinale est bien agréable et rend les 1ers kilomètres très aisées. D’autant qu’après le village de Sault, il faut traverser une plaine sans ombre. Sans ombre mais pas sans bâtisses. Trois ou quatre maisons qui font que de nouveau j’entends des aboiements patibulaires d’un chien dévalant enclos ou courette derrière moi. N’osant pas me retourner, j’attends la suite. Au fil des mètres, seules mes petites gourdes d’eau de sirop émettent un léger bruit. Point de griffes accrochant le bitume pour m’inquiéter davantage. Il s’agissait du dernier hameau avant le Mont Ventoux. On verra bien au retour !

Dès la fin de la plaine avec les dernières senteurs de lavandes déjà cueillies qui embaument l’atmosphère, les pentes et virages se succèdent pour ne finir qu’au Mont Ventoux. Les sapins font leur apparition et du même coup l’ombre. Élément salvateur si il en est, tant la différence de température avec un espace ensoleillé est importante. La brise fraiche est aussi de la partie. J’enfile les kilomètres à la précision d’un métronome. Les sensations sont bonnes. Au début des 1ères pentes, je ressens mes mollets et tendons. Je décide donc de tirer au minimum sur ces parties du corps. Pour cela, j’applique au sol le plat du pied au maximum et travaille davantage sur les cuisses. Finalement quelques minutes plus tard je ne ressens plus rien. Les cuisses pourtant sollicitées sont aussi sans douleur. Après une quinzaine de kilomètres, mon rythme s’accélère pour se situer autour de 4’30 au mille. Pour mon niveau, je suis bien, mais conscient que je produis un effort et un rythme quelque peu soutenu. La pente, est à ces moments là, de 4 à 5%. Je décide de maintenir l’allure avec le plus de souplesse possible. Ayant doubler les 1ers cyclistes qui s’essayent au Mont Ventoux, je constate que la pente les fait progresser aussi très doucement. Je crois que le fait de les dépasser ne les aident pas moralement en dépit de petits mots d’encouragements.

Je regarde mon GPS. Je suis maintenant à 1h30 d’entrainement. Que faire ? Je me dis encore 4 – 5 km et je retourne sur mes pas. Environ 40 km aller / retour et 3h15 d’entrainement selon mes calculs c’est déjà bien. En outre, je suis à 1250 mètres d’altitude, soit 500 mètres d’ascension d’avalés. Aussi le « chalet Reynard » sera mon point de retour. Pourtant le Mont Ventoux visuellement n’est pas si loin !

Je tourne depuis plusieurs kilomètres à 10,5 – 11,5 km/h, mais une diminution de la pente me fait accélérer. Après un énième virage, c’est la surprise. La route se transforme en pente douce. La vitesse augmente. Un soulagement m’envahit. Tout d’un coup le restaurant situé au lieu dit « Chalet Reynard » apparait. Un nombre important de voitures y sont stationnées. Plus aucun doute, il s’agit du départ vers la montée du Mont Ventoux. Du moins pour une partie des cyclistes qui n’ont pas osés partir plus bas dans une des 3 vallées des villages de Bédoin, Malaucène ou comme pour moi de Sault. Le Mont Ventoux est maintenant fléché à 6 km. Ce serait regrettable de ne pas aller jusqu’au bout si près du but. Décision est prise de continuer encore. On aura tout le temps de penser au retour.

Sus au Mont Ventoux !!


Je quitte la RD 164 pour emprunter la RD  974 bien connue des amoureux des 2 roues. Dès les premiers mètres on sent la différence. La pente est plus accentuée. La montagne est dénudée de toute végétation. Plus possible de profiter de la fraicheur des pins et autres conifères. Le désert de pierres blanches couvre le Mont rendant les rayons du soleil plus incisifs. Comme dans un monde lunaire, les gestes sont plus lents, les efforts plus durs, la chaleur plus intense comme si nous étions sous une combinaison d’astronaute. Des cyclistes sont littéralement collés à la route. On se demande comment ils font pour ne pas tomber tellement pour certains les tours de pédales sont rares et lents !


Bizarrement je me retrouve comme aimanté par ces vélos. Ils deviennent des points de mire et les doublent les uns après les autres. Néanmoins, les plus forts ne me laissent aucune illusion et me dépassent très facilement. Ceux que je double sont surpris de ma présence. Ils regardent leurs compteurs et m’annoncent ma vitesse. Une jeune femme me félicitent chaleureusement, en ajoutant tout de même que cela est décourageant pour les cyclistes. Elle m’annonce 12,2 km/h. Je regarde mon GPS et effectivement je suis à 4’58 au mille. Je m’emballe c’est sur. Je ne tiendrais pas à cette vitesse. Progressivement je joue l’assurance et diminue mon allure pour me situer à 5’45 – 6’00 au mille. Un cycliste ne cesse de me demander combien de km il reste jusqu’en haut. Un calcul me fait annoncer « encore 4,3 km ».  Supportant faiblement ma présence, il décide d’accélérer et me prend rapidement 150 – 200 mètres. L’écart se stabilise puis diminue. A hauteur de la fontaine de la Grave, la plus haute source du Ventoux, je finis par le dépasser pour ne plus le revoir. Je suis à 1500 mètres maintenant et m’approche avec une allure stabilisée à la stèle de marbre en mémoire de Tom Simpson. Il fut en ce temps, médaillé olympique, champion du monde et surtout connu pour avoir décédé au Tour de France en juillet 1967 en gravissant le Col. La stèle est envahie de fleurs et plusieurs cyclistes font une halte commémorative.

Plus que quelques mètres pour terminer l’ascension, mais le Mont Ventoux ne se laisse pas faire et la pente est encore plus dure. Il faut pourtant tenir et l’envie de marcher commence à venir. Cà y est presque ! Un dernier virage en épingle à droite et le col est franchit. Ouf ! la ligne d’arrivée du Tour de France comme gravée dans la route est enfin sous mes pieds.


Là « un spectacle » auquel je ne m’attendais pas apparait. Plusieurs vendeurs de bonbons, de gâteaux, de spécialités locales sont installés à la merci de toutes les tentations. Heureusement que je n’ai pas un euro sur moi car je crois que j’aurais craqué. Je me dirige vers les différents points de vue et me dis qu’il faut répartir rapidement avant que les derniers ombrages ne soient plus, tellement le soleil est déjà haut.

Au moment de repartir 2 personnes me demandent si j’ai gravi le col à pied. Il s’agit de 2 coureurs qui sont partis eux aussi d’une des 3 vallées. Ces aixois en Provence sont en fait partis de Bédoin, 21 km plus bas et surtout à une altitude beaucoup plus basse que la mienne. Bédoin se situe à environ 300 mètres et est sans conteste, la face la plus dure. La pente est en moyenne de 7,5% et le dénivelé de 1600 m. Bel exploit également. Le retour se fera pour eux en voiture. Au cours de ma descente ils ne manqueront pas de me saluer chaleureusement. Sans doute il y aurait-il plus à partager…


La descente est rapide. Je suis sur certaines portions à 2’50 au mille sans même forcer et en gardant un maximum de souplesse. Les 6 km de descente sont avalés en très peu de temps. Le parking du restaurant apparaît toujours aussi plein. Je remonte légèrement à l’inverse de l’aller et recommence ma descente qui va durer fort longtemps. De virage en virage je cherche à m’abriter du soleil mais l’ombre est maintenant quasi nulle. Les rares espaces ombragés sont à ces instants, des havres de fraicheur. Mes 4 petites gourdes commencent à se vider. Les prises de boisson sont de plus en plus fréquentes. Je m’organise pour garder mes réserves coté opposé au soleil car les liquides sont chauds.


La fatigue se fait sentir et la vitesse commence à diminuer en dépit de la descente. Je compte et calcule mais rien n’y fait il me faudra 4h30 pour regagner le camping. Je passe bientôt le 44ème km. Plus que 10 km environ. Le compte à rebours peut commencer. Il me permettra de tenir. La plaine de Saltus (nom romain de Sault) se présente de nouveau devant moi. La portion la plus dure. Le soleil est au zénith. La chaleur est intense comme décuplée par les champs fauchés d’épeautre. Les rayons agressent ma vue. Je suis obligé de baisser les yeux pour ne pas être assommés. Le village est maintenant proche. Le chien agressif du matin n’est plus là (sans doute à l’abri – pas fou l’animal) et passe sans souci. Heureusement car mon allure ne me permettrait pas de m’échapper. Il faut maintenant gravir la cote du village via une route en lacet qui n’en finit plus de virer.


Enfin le camping ! Le plaisir de marcher libre. Libre d’avoir accomplit mon petit exploit dominical. Celui d’avoir couru comme on fait du vélo. De parcourir des kilomètres, de découvrir des paysages, de passer un col, d’avoir partager des instants de sport et d’effort avec d’illustres inconnus qui comme moi se sont lancés leurs petits défis en ce beau dimanche de 16 aout 2009.


Pensées à tous les sportifs


Ludovic Dilmi






Feuilleton de l'été : Notre week-end à TROUVILLE


Feuilleton : 2ème épisode


feuilleton : 3ème épisode



feuilleton : 4ème épisode


feuilleton : fin de l'histoire


Voilà le 4 ème épisode et les photos de ceux qui font "courir" RSA tout au long de l'année : LE STAFF!



LE MEILLEUR POUR LA FIN, à la barre :

MONSIEUR LE PRESIDENT LUDOVIC DILMI!




Voici donc quelques photos ( clichés de super Nanas sportives!!!) en attendant ; mais croyez nous, nous avons été à Trouville pour courir, oui oui!!!























Bon, j'ai mis les garçon en petites photos parce qu'ils le " valent bien"!!! (excuse moi Elvire!)

Pour ceux qui n'ont pas leur joli minois, ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde :-)

@ bientôt

Evelyne


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Casablanca le semi-marathon improvisé!






La voilà enfin!

Parties pour une course de 8 kms, le pendant de la

Parisenne au Maroc, nous voilà propulsées sur un semi marathon international en plein soleil marocain, chaud devant!!!!

Il est
7 heures 30 ce dimanche matin,une belle chaude journée s’annonce. Je demande à l'accueil de l'hôtel,"c'est ok pour sortir en short ?" "oui, si pas problème, si lalibertie!" me répond Ahmed ...ouais sauf que en short à 7 h30 le matin, en pleine ville "musulmane" , j'ai un peu chaud au....d'autant que la veille, en bonne européenne , j'ai osé demander une bière! Eh bien,  dans tous les bars et restaus de Casa, sauf chaînes d'hôtel internationales,"walou" tu peux toujours courir pour trouver un p‘tit remontant!

Bon, premier feu rouge dans le taxi, mon chauffeur parle en arabe avec son voisin taxi je traduis….

"T'as vu la gazelle en short qu'est à côté de moi ?

Ouais Mouloud t'as de la chance parce que la mienne, elle est derrière et entre sa djellaba et sa bourka,  ça pourrait bien être un "Gazou"que je ne le saurais pas!

Sauf que Mouloud, en plus il savait pas où était la course et nous voilà paummés à 1 heure du départ

J'avise un policier qui connaît l'endroit et nous l'indique.

Ouf, je suis arrivée mais la torture continue, pas
moins de 200 personnes sont déjà arrivées et tous des hommes!

La tête haute, je franchis la haie de curieux et m'adresse à la seule femme que je trouve pour aller aux wawa! :-)

Non seulement elle est gentille et accueillante, mais en plus elle me dit" tu es très belle", ??? bon ok, c'est pas moi qui le dis, c'est elle. Aouou!!!ça vous fait  quand même un plaisir immense qui vous donne  des ailes pour la suite.

Quelques minutes plus tard, je rencontre des français et des françaises et puis les femmes arrivent; ouf !

Véro et sa soeur Sandrine arrivent à leur tour, super.





Le départ est donné et moteur,..... la pensée prend tout l’espace……

« Il faut voyager pour se comprendre, comprendre les autres, la vie. Chaque expérience est un morceau de notre puzzle perso. Parfois on trouve des réponses alors qu’on n’en cherchait pas, parfois on constate que l’on est inculte, parfois un peu moins. Les études, la vie font de nous cet être unique, unique devant la vie, le sport aussi. Acquis, inné, nous avons tous un bagage différent et c’est la passion pour ne pas dire l’amour du sport qui nous réunit et nous anime. Mais ce sport est un prétexte pour rencontrer l’autre, une façon  d’exprimer sans les mots avec des maux, les maux du corps et ceux de l’âme aussi. La reconnaissance, la quête perpétuelle de se prouver et de prouver implicitement qu’on est capable ; le mental est un moteur incroyable,vital. Sur cette course, je suis partie angoissée de ne pouvoir finir ,Véro, elle a continué avex la jambe raide pendant plus de 5 kms.  En France, j’étais blessée depuis 2 mois, le moral en berne. Et puis, il y a eu cette euphorie d’être ailleurs, de ne pas être connue, pas de pression,« je fais ce que je peux, je veux finir avant tout ».

Mission accomplie ! et photos pour le plaisir de tous j’espère.




                 



Et le meilleur pour la fin, fabuleuse sculpture dans l'aéroport de CASA, choc des cultures, la femme Marocaine la femme européenne. Je la dédie à toutes les filles du club en souvenir d'un fabuleux voyage.


Difficle de donner des légendes sous les photos car le temps de connexion est compté.

Alors, le souk, avec les 3 filles, Véro fait du shopping, le marché aux olives et aux jeteurs de sorts, les caméléons, le Houlous, le plus sympa des souk de casa, la plage, nommée la Corniche, quelques vues de la grande mosquée  Assan II (une des 3 plus gde du monde arabe) , la salle des ablutions, le sculpteur SAHBI avec le porteur de thé et la femme contrastée.


Merci de vos lectures, j'espère qu'elles vous enrichissent d'expériences et de partage; pardonnez moi les fautes; l'écriture est spontanée et parfois en décalage avec la réflexion.

Evelyne.


Il me manque encore qqs photos, un peu de patience....








 
Dernière modification : 10/06/2010