Actualité RSA RENE CONIN SUR 7K à TRIEL-SUR-SEINE, ANTONIO GONCALVES SUR SEMI à BOLBEC

 

Elle est revenue le dimanche 6 septembre. On l’attendait depuis longtemps. D’habitude c’était au printemps.

 

Créée en 1989 au cœur de la Baie de Somme mais absente du calendrier depuis 2019, la TRANSBAIE est enfin revenue en cette année 2026 pour une 32e édition.

Après 7 ans d’attente, et pour le plus grand plaisir des amateurs de courses pédestres hors-normes, BRUNO PIRON n’a pas hésité : il a plongé sur les inscriptions.

La jauge étant fixée à 6 500 fadas, il ne fallait pas gamberger trop longtemps…

 

La Transbaie est une course nature mythique bien connue de certains anciens de RAMBOUILLET SPORTS ATHLÉTISME l’ayant gouté notamment lors d’une sortie club, il y a … en…euh,  Jacky était encore junior je crois Non ?

« Gouté » c’est le bon mot, car la Transbaie n’est pas une course « normale ». Elle reste unique en France : la traversée de la Baie de Somme en aller-retour entre Saint-Valery-sur-Somme et Le Crotoy pour 17 Kms au total.

On « goute » les grands espaces d’un estuaire mondialement reconnu pour sa beauté et sa richesse écologique exceptionnelle. On « goute » aussi l’eau de mer quand on s’étale dans les mégas flaques pour pas avoir assez lever les genoux.

On « goute » aussi la vase lorsque l’une de nos chaussures reste collée au fond de la mare de boue ! La TRANSBAIE c’est un peu pour beaucoup la « transboue » ! 

On « goute » surtout une aventure collective et une expérience singulière au milieu de troupeaux d’humains qui serpentent entre les prés salés, et qui naviguent au milieu des bancs de sables plus ou moins mouvants … pendant des kilomètres… et en aller-retour ! Coucou ! Alors t’as retrouvé ta godasse ?

 

Départ ? Selon la marée ! Sinon c’est masque et tuba et non short et runnings.

 

Déguisements appréciés car on vient ici pour la fête avant la perf. Mais teinture vase et boue garanties à vie pour les fringues 😊

 

Bien serrer ses lacets, vraiment très très serrés… demandez conseil à Marianne 😉

 

Top départ donné par « jet de vapeur » provenant du train de la Baie de Somme, la vieille loco en marche toute proche des coureurs et coureuses. Et voilà BRUNO et la meute bigarrée partis pour un joli périple maritime aux parfums iodés.

D’abord petit tour autour de la cité médiévale de Saint-Valéry-sur-Somme pour étirer le troupeau. Puis direction la digue nord de l’immense estuaire de 72 kms carrés de la Baie de Somme.

 

BRUNO a de la chance : soleil au départ, lunettes de protection appréciées, et casquette conseillée.

Un seul ravito dans ce cadre naturel protégé : BRUNO a prévu sa poche à eau.

Le soleil se cache mais la température monte et grimpe encore, car cette année la marée basse a donné le départ à … 14 heures. Donc soif, vite et souvent !

 

Et une fois descendu dans cette immeeennssse Baie, et bien on patauge dedans et on avance, pas en crabe mais plutôt en mode échassier qui serpente entre les bras de mer encore profonds par endroit.

Les premiers tracent leurs foulées sur le rare sable stable et les petits cailloux et coquillages en évitant les pièges de boues et la vase instable.

C’est justement ce que recherchent certains spécimens à l’arrière du troupeau humain : se vautrer joyeusement dans l’eau de mer bien boueuse de la marée basse.

 

La Transbaie n’est pas un cross de campagne, on est en mer.

Ce n’est pas un steeple infini : trop d’eaux et aucune barrière.

Ce n’est pas vraiment un trail, car il n’y a pas de chemin, pas de route forestière, pas de sentier, la marée dicte ses points de passage pour chaque jour à chaque saison.

 

Course nature ? Assurément ! Entre sol marin et ciel à l’horizon sans fin. Environnement d’exception où la terre, l’eau douce et l’eau de mer forgent un écosystème unique à perte de vue. Et Boum ! Propices aussi aux pertes d’équilibre : les échassiers humains sont doués pour tomber dans les fossés aux trous vaseux ! 😉  

A la Transbaie tu ne mouilles pas que le maillot !

 

A mi-course on ressort du milieu marin et on gravit le raidillon de la descente des bateaux : c’est l’unique ravito. On a longtemps pataugé, mais on demande de l’eau douce pour les gosiers asséchés. Interdit d’emporter son ravito car zone naturelle protégée.

Les humains repartent sur le dur du bitume du port du Crotoy, pour vite revenir dans l’espace vaseux et sablonneux pour un long retour au bercail.

 

On croise le reste du peloton en sens inverse.

Alors ta chaussure ? Je l’ai retrouvé ! Mais j’ai perdu l’autre …

 

A l’aller t’as bien rigolé. Au retour tu sais ce que tu vas déguster. C’est toi le fruit de mer !

 

Entraide, esprit de solidarité et parcours vraiment exigeant tissent comme une épopée collective au fur et à mesure des kilomètres. On dit qu’en montagne les Kms comptent double, en Baie de Somme on a parfois l’impression d’avancer en bêtes de somme !

 

Ca colle et ça glisse encore plus. La fatigue s’installe. Les mollets se raidissent. Les appuis deviennent vraiment chi…euh chiches en mode petites foulées…

 

Mais BRUNO PIRON a de l’expérience et un flegme de guitariste anglais 😉. C’est apparemment sans « galère » qu’il reviendra à bon port, qu’il passera la grande écluse de Saint-Valéry-sur-Somme pour franchir la ligne d’arrivée, pas trop essoré, à la 3 502e place sur 6 500 inscrit.es, et à une anecdotique 48e place sur les 120 Masters 6 rescapés de ce joyeux naufrage collectif.

 

Dernière exclusivité de la Transbaie : les douches collectives après l’arrivée…pas pour encore s'éclabousser, juste pour se décolorer de la boue, de la tête aux grolles, rassurez-vous 😉

Merci BRUNO pour cette croisière par procuration.

 

 

 

Patrick Roure

 

 

 

Retour